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Jean-Hilaire AUBAME avait de grandes ambitions pour son pays. Son nationalisme convaincu, ce souci permanent du bien public et une aptitude à s'engager totalement, faisaient de lui un leader indiscutable. Mais les options prises, son orientation politique vont irrémédiablement le marginaliser. Homme de gauche, sympathisant socialiste, certaines convictions n'étaient pas dans l'air du temps.

bio-perso-gabon / Jean-Hilaire AUBAME, homme politique (1912 - 14 août 1989)

LES CHOIX D'UNE VIE

Né en 1912, à Libreville, Jean-Hilaire AUBAME a un parcours très similaire à celui du président Léon Mba. Tous deux sont natifs de l'Estuaire et appartiennent au même clan. Enfants, ils suivent les mêmes études à l'école catholique et au petit séminaire de Libreville. Et de la même façon, Jean-Hilaire AUBAME, comme Léon Mba, seront administrateurs civils et commis des douanes à Libreville (1931). Après sa mutation à Bangui (1935), Jean-Hilaire AUBAME prend la direction des douanes de Brazzaville (1936). Quatre plus tard, à la suite de l'Appel du 19 juin, il rejoint la France libre, avec pour mission de rallier les populations gabonaises au général de Gaulle. Jusqu'en 1946, Jean-Hilaire AUBAME travaille auprès des Français, lesquels vont l'encourager à s'inscrire aux législatives, désormais ouvertes aux ressortissants gabonais.

Jean-Hilaire AUBAME / Premiers engagements

A l'occasion de ces élections du 10 novembre 1946, le Gabon devient une circonscription à part entière. Jean-Hilaire AUBAME est alors élu député sous l’étiquette de la SFIO, et il se signale au Palais Bourbon pour ses prises de positions concernant l'Afrique. Nommé en 1949 à la Commission des Territoires d'outre-mer, il sera à l'origine de plusieurs propositions de lois sur le droit du travail et le régime des communes en AEF (Afrique équatoriale française). Jean-Hilaire AUBAME défend aussi le concept d'une "République française fédérale", où la France serait sur un pied d'égalité avec ses Territoires d'outre-mer, devenus des républiques.

Jean-Hilaire AUBAME / le combat gabonais

Si Léon Mba et Jean-Hilaire AUBAME ont eu bien des points de parenté et de trajectoire communs, leur options politiques divergent radicalement. En 1947, s'il est toujours député français, Jean-Hilaire AUBAME fonde l'Union démocratique et socialiste gabonaise (UDSG) et s'oppose d'emblée à Léon Mba. Les années qui suivent ne feront que le confirmer. En 1957, il est élu député pour le Woleu-Ntem, mais faute de majorité suffisante, il doit encore composer avec Léon Mba. A ce jeu très politique, se sortira jamais gagnant. Les dissensions se font plus vives. Ses partisans quittent le gouvernement, pose une motion de censure, laquelle est repoussée. Les élections des conseils de districts en juin 1960 ne tournent pas plus à son avantage.

L’indépendance du Gabon est proclamée le 17 août 1960. Epoque de turbulence politique. Léon Mba se tourne vers Jean-Hilaire AUBAME, chef de l'opposition. Mais ce dernier ne semble pas vouloir profiter de l'avantage. Alors qu'il défend le régime parlementaire, Jean-Hilaire AUBAME laisse adopter une constitution donnant au président pleins pouvoirs. Sa nomination au ministère des Affaires étrangères ne résout rien. Et la rupture devient définitive quand Léon Mba s'oriente vers le monopartisme au profit du BDG et demande la dissolution de l'UDSG. Une situation qui atteint son comble d'exaspération, avec la dissolution de l'Assemblée nationale en 1964.

Jean-Hilaire AUBAME / Le coup d'état de 1964

Dans la nuit du 17 azu 18 février, 150 militaires gabonais arrêtent le président Léon Mba, le president de l'Assemblée nationale et plusieurs ministres. Jean-Hilaire AUBAME se voit offrir la présidence du gouvernement provisoire. Dans la nuit du 18 au 19, les troupes françaises de Dakar et Brazzaville débarquent à Libreville et rétablissent le pouvoir légal. Paul-Marie Yembit, vice-président, en a fait la demande officielle. Jean-Hilaire AUBAME est arrêté. Au terme du procès de Lambaréné, il sera condamné à 10 ans de travaux forcés.

En 1972, le président Bongo le fait libérer et Jean-Hilaire AUBAME s'exile alors à Paris. Si ce n'est un bref retour à Libreville (1984), il passera ses dernières années en France. Sa santé s'est affaiblie. La fatigue rattrape le vieil opposant. Le 14 août 1989, Jean-Hilaire AUBAME décède.

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