La douleur est toujours là, mais les membres de la famille de Guiliane Alicia Matamba Matamba sont tout de même soulagés depuis l'incarcération du commandant Cédric Sosthène Essone. Auteur présumé de l'assassinat de cette fille âgée de 20 ans, l'ex-responsable de l'antenne de l'Office central antidrogue (OCAD) de Tchibanga a été écroué jeudi, après avoir été inculpé pour des faits d'assassinat, apprend-on des voix autorisées.
Ce placement sous mandat de dépôt intervient après l'autopsie réalisée par un médecin légiste. L'examen conclut, entre autres, à un traumatisme crânien avec hémorragie cérébrale. Ce qui confirme la version selon laquelle Guiliane Alicia a été victime de violences et qu'elle en est morte. Son corps a été découvert dans la chambre à coucher du policier.
Selon des sources bien informées, ce ne serait pas la première fois que Cédric Sosthène Essone est confronté à de telles accusations. Alors lieutenant, il serait soupçonné du meurtre d’une femme à Makokou. À la place des sanctions professionnelles et judiciaires, il a plutôt été muté à Tchibanga.
Des informations concordantes font état de ce que cet officier supérieur des Forces de police nationale (FPN) n'était pas l'amant de sa victime. Celle-ci était plutôt parmi les jeunes filles du quartier qui lui livraient à manger, car il vivait à Tchibanga sans sa famille. Sa femme aurait refusé de l'y suivre après l'acte odieux posé dans le chef-lieu de la province de l'Ogooué-Ivindo.
Des gens en viennent à se demander si, finalement, Cédric Sosthène Essone n'a pas bénéficié de complicité pour être muté à Tchibanga. L'histoire montre aujourd'hui que, en permettant cette affectation, la hiérarchie de la police n’a pas soigné le mal. Elle l'a simplement déplacé.
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Avec la même impunité, il aurait ainsi commis un nouvel acte répréhensible. Fauchant une autre vie et détruisant une autre famille. Parce que quelqu’un, quelque part, a cru qu’une mutation valait une condamnation. Ce nouvel acte pour lequel il se trouve aujourd'hui derrière les barreaux fait donc dire à plus d'une personne qu'une mutation n'efface pas un crime, mais elle en prépare un autre. Et là, à Makokou comme à Tchibanga, les familles espèrent désormais que la justice ira jusqu'au bout.
À la suite de la communication du parquet de la République, le 19 juillet dernier, l'analyse des procès-verbaux de l'inspection technique des services des FPN et du procès-verbal de renseignement judiciaire de l'antenne provinciale de la direction générale des Recherches (DGR) de la Nyanga, ainsi que les résultats de l'autopsie réalisée par un médecin légiste, le procureur de Tchibanga a reçu, jeudi dernier, l'entier dossier et toutes les parties concernées.
Le maître des poursuites a ouvert une information judiciaire sur les faits d'assassinat, conformément aux dispositions de l'article 223-1 du Code pénal. Lequel dispose que "tout meurtre commis avec préméditation ou guet-apens est qualifié assassinat".
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