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Pierre MAMBOUNDOU : homme politique

Pierre MAMBOUNDOU, homme politique (1946-2011)

 

L'opposant historique

Né le 6 novembre 1946 à Mouila, Pierre Mamboundou est l’aîné d’une fratrie de sept enfants. Son père était commerçant et sa mère cultivatrice. La majeure partie de son enfance se passe à Mouila. C’est ici qu’il fait ses premières classes et obtient son certificat d’études primaires élémentaires (1958). Puis Pierre Mamboundou intègre le collège catholique Saint Gabriel, avant d’être admis au collège Mgr Bessieux (Libreville), et de poursuivre au Lycée national Léon Mba. Il y décroche son baccalauréat, série scientifique (1966).

Les universités

Pierre Mamboundou poursuit ses études à l’université de Perpignan (France). Il obtient un diplôme d’ingénieur des travaux en communication (1972). Puis il intègre l’enseignement et dispense des cours, au centre régional d’études universitaires de la formation permanente à Perpignan (CREUFOP). A cette même époque, Pierre Mamboundou est admis à la société française de physique (SFP).

Entre le Gabon et la France

En 1973, Pierre Mamboundou rentre à Libreville. Il va diriger brièvement l’Agence commerciale de télécommunication, avant de travailler à la mise en place du centre national de télécommunication (CENACOM). Puis en 1979, Pierre Mamboundou revient en France comme chef de projet, à l’agence de coopération culturelle et technique (ACCT). Cette structure deviendra plus tard l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Pierre Mamboundou y occupe le poste de chargé de mission auprès du secrétaire général, puis de directeur des relations extérieures, jusqu’en 1989.

Son expulsion de France…

Le 14 juillet 1989, Pierre Mamboundou crée l’Union du peuple gabonais (UPG), à Paris. Accusé d’atteinte à la sûreté de l’Etat, le gouvernement demande son expulsion de France. Quelques mois plus tard (1990) il rejoint Dakar (Sénégal), où il séjourne trois ans et demi. Cette même année, Pierre Mamboundou est condamné, par contumace, à 10 ans d’emprisonnement ferme. Un verdict auquel il fait opposition (1992) et qui sera annulé, le ministère public n’ayant pas réagi dans le délai imparti. Le 1er novembre 1993, Pierre Mamboundou décide de rentrer définitivement au Gabon. Le 5, il pose sa candidature à la première élection présidentielle multipartite. Et le 17, il tient son premier meeting, à Kinguélé, 3ème arrondissement de Libreville.

Les années de contestation

Après sa défaite à la présidentielle, Pierre Mamboundou remporte la législative de Ndendé, département de la Dola (1996). La localité deviendra son bastion. Il y est élu maire (1997). L'électrification, l'érection de bornes fontaines, la construction de l'hôtel de ville, celle d’un hôpital moderne marqueront son mandat, de même que la création d’une base pédagogique et d’une rocade, permettant de relier Ndendé aux autres villes du sud.

L’année 1998 est marquée par la Présidentielle. Pierre Mamboundou est le candidat du Haut Conseil de la Résistance (HCR), coalition des partis d'opposition. Arrivé second, avec 16,5 % des voix contre plus de 66 % au président sortant Omar Bongo, il en conteste le résultat. Son recours en annulation pour fraude sera débouté.

Ce nouveau mandat du président Omar Bongo Ondimba sera celui de toutes les contestations pour Pierre Mamboundou. Contestation des prévisions budgétaires, disqualification du ministère de l’Intérieur dans l’organisation du scrutin, boycott des élections législatives (2001), accusation de violation constitutionnelle sur la célébration de la fête nationale (2002), opposition à la trêve sociale demandée par le chef de l’Etat (2003)… Une pugnacité qui ne porte pas les fruits escomptés. A la nouvelle élection présidentielle de novembre 2005, Pierre Mamboundou est classé second avec 13, 61 % des voix. Le président sortant, Omar Bongo Ondima, étant réélu avec 79,18 % des suffrages.

L’année suivante, Pierre Mamboundou devient président du groupe parlementaire de l’UPG, et s’engage sur plusieurs fronts, comme la revendication de l’île Mbanié par la Guinée Equatoriale, une proposition de loi sur la biométrie (2009), ou encore la révision du contrat de concession de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) par le groupe français Veolia. Cette même année 2009, suite au décès du président Omar Bongo Ondimba, Pierre Mamboundou se porte candidat à l’élection présidentielle. A cette quatrième tentative, il se classera une nouvelle fois second du scrutin avec 25, 64 % des suffrages, devant André Mba Obame (25, 33 %). Un résultat que Pierre Mamboundou conteste à nouveau, revendiquant 14 points de plus que le chiffre officiel. Le nouveau président, Ali Bongo Ondimba, s’impose avec 41, 79 % des voix.

Depuis 2006, Pierre Mamboundou, s’il est resté un opposant convaincu, n’écartait plus l’idée du dialogue avec la présidence. Voire même d’une collaboration plus étroite encore. En novembre 2010, il rencontre ainsi le chef de l’Etat, à Paris, où il venu pour raison de santé. Un an plus tard, Pierre Mamboundou est consulté par le président sur l’affaire de l’île Mbanié, dossier qu’il a suivi depuis des années. Il sera d’ailleurs invité à se joindre à la délégation officielle du Gabon, venue au siège de l’ONU défendre la souveraineté gabonaise sur ces îlots.

Cette même année 2011, le 15 octobre à 23 h, la RTG (Radio télévision gabonaise) interrompt ses programmes pour annoncer le décès de Pierre Mamboudou (64 ans), victime d’une crise cardiaque, à son domicile de Beau-Séjour. Dès l’annonce de l’événement, le chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba, adressera ses condoléances à la famille du disparu, avant de se rendre au domicile de celui-ci et assurer la famille de son soutien. Le 29 octobre, Pierre Mamboudou sera inhumé à Ndendé, dans le département de la Dola, son fief politique et la terre de ses aïeux.

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