Les actions de la Société nationale immobilière (SNI) à Essassa, sur le site disputé avec les occupants de derrière Berthe et Jean, pourrait être suspendues. C'est ce qui ressort de la rencontre entre ces Gabonais et les autorités judiciaires. Et c'est le souhait exprimé devant la Médiature de la République qui a écouté les représentants de ces occupants, mercredi dernier.
Pour Simplice Ibouanga, leur porte-parole, "il s'agit de défendre nos droits face à la violence d'État". C'est dans ce sens que le collectif a saisi plusieurs autorités, dont le vice-président de la République, le vice-président du gouvernement et les présidents des deux chambres du Parlement.
Il dénonce la destruction des biens (vergers, plantations, tombes, soubassements), le morcellement des terrains bâtis ainsi que l'accaparement et la commercialisation des parcelles nues. "Jusqu'en 2020, nous vivions en paix après la décision des gouvernants de l'époque de nous laisser cette zone pour nos activités résidentielles et agricoles car la partie droite d'Essassa, en venant de Libreville, a été prise pour le développement de la ZERP de Nkok. Puis, la SNI a surgi pour évoquer un présumé titre foncier dont elle serait propriétaire. Aujourd'hui, elle vend des terrains que d'autres Gabonais ont achetés depuis plus de 20 ans auprès des autochtones", s'irritent ces compatriotes.
Lesquels ont cru, au départ, au projet de régularisation foncière annoncée par le chef de l'Etat. Non sans s'interroger sur le mutisme du gouvernement face à ce problème. La SNI voudrait-il se faire de l'argent sur le dos de ces compatriotes ?
Pour les occupants de derrière Berthe et Jean, ces parcelles représentant le plus grand héritage qu'ils puissent laisser à leurs enfants. "Mais l'État, via la SNI, dépouille des Gabonais dont le seul péché est d'être autochtone d'Essassa ou d'y avoir acquis des parcelles bien avant l'arrivée de la SNLS, puis de la SNI", accuse le collectif.
Non sans évoquer "le zèle du nouveau converti" et considérer les occupants comme "des personnes en détresse en mer et attendent des gilets de sauvetage de la part des gouvernants dont le devoir est d'oeuvrer pour le bien-être de leurs populations".
Pour les occupants, "une parole délivrée par un dépositaire d'une mission de service public a une valeur juridique". Ils appellent donc la SNI et le ministère de l'Habitat à respecter la promesse du chef de l'État.
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