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Société & Culture

Poste SA : poursuite d'une descente aux enfers

La poste SA

La Poste S.A est dans l'antichambre du coma. Et les nombreuses thérapies pour revigorer ce grand malade qu'elle est advenue, n'y ont rien fait jusque-là. Le ras-le-bol des employés a même atteint son paroxysme.

Pour preuve, le 15 mai dernier, lors d'une assemblée générale, le syndicat national de la Poste (Synaposte), a lancé un ultimatum d'une rare fermeté : "Sans mesures immédiates des autorités pour payer les 4 mois d'arriérés de salaire et la mise en place de la nouvelle direction générale, les bureaux fermeront sur tout le territoire national dans les prochains jours".

C'est que l'amoncellement des griefs a fini par crever le plafond. Pourtant, des tentatives pour sauver ce service public, perçu à l'époque comme "un trait d'union entre les territoires, un outil de cohésion nationale et un symbole de continuité administrative et sociale", n'avaient manqué.

En témoigne la dernière en date, présentée aux syndicats par le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, et visant la mise en place d'"un contrat de performance et d'une réforme destinée à sauver l'entreprise publique d'un déclin devenu critique".

Au finish, elles se sont révélées "une épée dans l'eau", eu égard à l'effondrement abyssal actuel de l'institution.

Quels en sont les facteurs consistants qui l'ont placé au bord du gouffre ? La première évaluation pointe une transformation brutale liée à la numérisation des échanges, à la baisse du courrier traditionnel et à l'essor des services digitaux. Et malgré les efforts allant dans ce sens, les adaptations y relatives sont restées inachevées et insuffisantes au Gabon.

C'est que sans une restructuration profonde, en prise avec les nouvelles exigences technologiques, La Poste SA a été progressivement marginalisée dans un environnement économique où la diligence, la connectivité et la digitalisation sont devenues les nouveaux standards.

Et ces retards technologiques (illustrant le non-arrimage à ces réalités dynamiques) ont fini par brider les évolutions socio-économiques qui pouvaient en dépendre logiquement. Du coup, l'établissement, dans son fonctionnement, révèle d'énormes fragilités structurelles, d'autant qu'il est confronté aux multiples défis, notamment de gouvernance, de financement et de modernisation.

En effet, les équipes qui se sont succédé à sa tête n'ont pas pu vaincre les pesanteurs qui inhibent son action. De services entiers ploient sous d'inexplicables emprises préjudiciables, alors qu'ils nécessitaient des réaménagements audacieux.

Aujourd'hui, exsangue, la Poste SA ne doit sa vie qu'à un concours financier de l'État. Or les ressources de ce dernier sont souvent problématiques ; tandis que la vision élaborée tend vers un retour à une véritable rentabilité de ses services. Ce qui, pour l'heure, est quasi chimérique, mais pas impossible.

L'incertitude à ce niveau intègre également les revendications sociales d'un personnel à bout de souffle qui, depuis des années, vogue entre espoirs vains et perplexité, avec à la clé une dégradation de ses conditions sociales illustrée par 4 mois d'arriérés de salaire.

Et comme si cela ne suffisait pas, la crise profonde a enregistré un baroud d'honneur mené par l'équipe sortante qui refuse de quitter les lieux. "Une situation de défiance face à une décision d'un Conseil des ministres, cela est inacceptable", a lancé un ancien cadre de la Poste S.A, aujourd'hui en retraite.

Sortira-t-on de sitôt de l'imbroglio actuel qui ne favorise pas le déploiement des réformes envisagées, alors que leur mise en oeuvre devrait induire des changements salvateurs ? Une attitude qui accroît les tensions déjà bien manifestes. Sans que l'on sache quels en seront les prochains rounds…

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