Avec une telle échéance, la planification et l'exécution du processus, imaginés ces derniers temps, devront être exceptionnelles pour combler un déficit de 50 000 tonnes annuelles. Et il y a de quoi avoir le vertige.
Le ministère devra s'attaquer à la brûlante question de l'alimentation de ces volailles. Elle représente plus de 50 % du coût de production d'un poulet. Actuellement, le maïs et le soja sont majoritairement importés, rendant le poulet gabonais moins compétitif que le poulet congelé importé.
En octobre dernier, un mémorandum d'entente avait été signé entre le groupe Hakan Kiran et le Gabon. Cette signature rappelle simplement que la construction d'une usine de fabrication d'aliments de volaille (provenderie) est nécessaire et urgente.
Mais ce n'est qu'un élément de l'infrastructure et de la logistique industrielle qui devront encore sortir de terre. Les couvoirs nationaux, la chaîne du froid et les abattoirs en font partie. Un abattoir industriel capable de traiter plus de 70 000 tonnes/ an permettra de garantir que le produit local arrive sur les étals de Libreville et de l'intérieur avec les mêmes standards d'hygiène que les produits importés.
Le gouvernement avait annoncé la création de six fermes agropastorales, en réponse à l’interdiction d’importation du poulet de chair. L'Estuaire, le Moyen-Ogooué, dans la ville de Bifoun, la Ngounié, le Haut-Ogooué, au Ranch Kiabi, l’Ogooué-Maritime et le Woleu- Ntem devraient être équipés.
Mais la technologie ne vaut rien sans les hommes. Le gouvernement avait lancé la formation pour 40 000 personnes à la fin de 2025. Le ministre doit désormais assurer le passage de la formation à l'installation en facilitant, entre autres, l'accès au foncier sécurisé pour les personnes formées.
En somme, il reste exactement moins de 360 jours pour que la filière avicole fonctionne correctement.
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