Le jeudi 22 octobre 2026 restera une date historique pour le Gabon. Hier, au stade de Nzeng-Ayong dans le 6e arrondissement de Libreville, le président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema a procédé à la remise officielle de titres de propriété à 16 000 familles gabonaises.
Un nombre inédit réalisé dans le cadre de la régularisation foncière de masse (RFM) décidée par le chef de l'État et conduite par le ministère du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, depuis février dernier. Pour le chef du département ministériel précité, Mays Mouissi, "cette opération marque une étape majeure de la politique nationale de sécurisation foncière, tout en concrétisant l’engagement du numéro un gabonais en faveur de l’accès à la propriété pour des milliers de familles gabonaises". C'est donc une mesure de haute portée sociale, entendu qu'il fallait débourser 600 000 FCFA pour les parcelles de 1 à 2 000 mètres carrés et 1 200 000 FCFA pour celles allant de 2 001 à 4 999 mètres carrés.
Autant parler d'un prix social, dans la mesure où un titre foncier coûtait entre 4 et 6 millions de FCFA pour les parcelles allant jusqu'à 2 000 mètres carrés. Alors que l'on ne comptait que 33 000 titres fonciers délivrés jusque-là (depuis 1905), cette opération spéciale permet d'en délivrer plus de la moitié en seulement huit mois. Ce dont s'est félicité le maire de Libreville, Eugène Mba. Il n'a pas manqué de rappeler que "le titre de propriété, depuis l'accession de notre pays à l'indépendance, demeure parmi les attentes des Gabonais". À cause de l'inquiétude d'être dépossédé d'une terre où l'on est installé depuis de nombreuses années, en raison d'un projet d'intérêt public.
La RFM ouvre ainsi la voie à une délivrance régulière et fluide de la propriété foncière. Car, a reconnu le ministre Mays Mouissi, l'obtention de ce sésame était réservée à une certaine élite. Une réalité dénoncée par les bénéficiaires de l'opération de régularisation foncière de masse. Lesquels ont reçu, "avec fierté et le coeur rempli de joie", leurs titres fonciers des mains du président de la République.
À en croire le ministre du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, la cérémonie d'hier ne concernait pas que les populations du Grand Libreville. L'opération ayant abouti à la délivrance de 16 000 titres a touché aussi les demandeurs de l'intérieur du pays. "Et ce n'est que le commencement, car nous voulons atteindre les 20 000 titres fonciers d'ici fin 2026", a ajouté Mays Mouissi.
Il a souligné que "les bénéficiaires de ces documents sont aussi assujettis aux obligations fiscales en la matière". Notamment la Contribution foncière unique (CFU) qui correspond à 2,5% de la valeur nette imposable du terrain. Il s'agit d'un impôt créé il y a deux ans, mais ignoré par la majorité des propriétaires. En avril dernier, le gouvernement a invité tous les détenteurs d'un titre foncier à s’acquitter de cet impôt. Promettant de sanctionner les récalcitrants.
Au-delà des chiffres sus-évoqués, le président de la République a insisté sur l’enjeu humain de la réforme foncière. Beaucoup de familles occupent une parcelle depuis des années, sans papier opposable.
Or, le titre foncier protège efficacement contre les litiges. En outre, il ouvre la porte du crédit bancaire et transforme un simple terrain en patrimoine transmissible aux enfants. C'est pourquoi des milliers de familles continuent de se battre, avec l'espoir d'obtenir la protection juridique de leurs terrains.
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