Le décaissement de 51 milliards de FCFA annoncé hier au Palais de la Rénovation apporte un souffle d’air frais aux PME locales. Maintenant que les entrepreneurs ont été rassurés sur la volonté des autorités gabonaises de soulager leur trésorerie, il reste à toucher aux fondements de la compétitivité nationale : le calendrier d’apurement de la dette intérieure et la restructuration du tissu entrepreneurial local.
Pour rappel, cela fait quelque temps que le patronat, par le biais de la Fédération des entreprises du Gabon (FEG), insiste sur la mise en place d’un calendrier d’apurement rigoureux. Certes, il reste encore à distinguer la dette «sûre» (qui doit être validée par les audits conjoints de la Task Force et du ministère de l’Économie) des créances litigieuses, mais pour les entrepreneurs, ce point est d’une importance capitale. Il leur faut connaître précisément l’échéancier des règlements car cela conditionne la reprise des chantiers et la préservation des emplois.
Parallèlement, le président de la République a soulevé un point stratégique. Il a encouragé les entrepreneurs gabonais à mutualiser leurs compétences et à se regrouper a n de constituer des entreprises de plus grande envergure, capables de porter de grands projets et d’accéder davantage aux marchés publics de plus grande envergure. Et cela n’est pas anodin.
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En effet, de nombreuses PME-PMI gabonaises ont toujours affirmé avoir du mal à accéder aux marchés publics. Le gouvernement préférant, même si les barrières tombent trop doucement, des entreprises plus chevronnées, mieux connues.
Derrière la proposition de Brice Clotaire Oligui Nguema, se cache donc l’objectif de faire émerger des consortiums ou des entités de taille intermédiaire, capables de rivaliser avec les groupes internationaux sur les projets d’infrastructures majeurs. Bien sûr, cela ne se fera pas d’un coup de baguette magique et il faudra taire, au passage, quelques egos.
Entre l’exigence d’un calendrier de paiement prévisible et l’appel à la consolidation du secteur privé, le secteur économique gabonais prépare sans doute sa mutation. Mais, pour cela, il faudra une alchimie parfaite. Car la régularité des décaissements publics pourrait convaincre les petites entreprises de s’associer et d’investir durablement.
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