La présence de l'ambassadeur d'Angola au Gabon, Joaquim Do Espirito Santo, à la Société gabonaise de développement agricole ( Sogada ) , jeudi dernier, n'était pas qu'une simple immersion. C'est, à tout considérer, un appel à accompagner les initiatives des opérateurs agricoles nationaux, dans un contexte global de réduction progressive des importations alimentaires et de lutte contre l'insécurité alimentaire.
En somme, la transformation économique n'aura de sens que si l'on accorde aux opérateurs nationaux la place qui est la leur. Et cela se passe ainsi à travers le monde, y compris au sein de l'Union européenne où l'agriculture est subventionnée par les États. Le Gabon ne saurait naviguer à contre-courant de cette évidence. Il ne s'agit pas pour l'État de financer intégralement toutes les activités développées par les Gabonais, mais d'apporter un soutien aux investissements déjà réalisés sur fonds propres.
Il s'agit, pour ainsi dire, d'accompagner les leaders nationaux qui, à leur tour, vont tirer les autres vers le haut. C'est ce qui fonde la décision politique d'interdire l'importation du poulet de chair dès 2027. Le chef de l'État veut développer cette filière localement. Mais aussi, plus globalement, restructurer et dynamiser le secteur agricole du pays. Parce qu'il est convaincu que ce qui se fait ailleurs peut aussi réussir au Gabon.
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Heureusement pour lui, il existe des structures de Gabonais qui ont déjà fait leurs preuves depuis une dizaine d'années. C'est le cas de la Sogada, qui possède une exploitation intégrée (production d'oeufs, élevage de porcs et, bientôt, de poulet de chair) à Meyang.
Dans un contexte où les gouvernements ne sont plus les seuls acteurs de la projection économique, certains entrepreneurs privés s’imposent progressivement comme de véritables ambassadeurs du potentiel économique de leur pays.
Le diplomate angolais a pu mesurer l’ampleur d’un outil de production que peu d’observateurs soupçonnaient d’une telle maturité : 158 ha exploités ; 150 000 poules pondeuses ; 54 millions d’oeufs produits chaque année ; trois millions d’alvéoles fabriquées sur place.
En recevant l’ambassadeur d’Angola, Hervé-Patrick Opiangah n’a pas seulement ouvert les portes de son groupe. Il a aussi positionné le Gabon comme un partenaire crédible aux yeux d’un pays en pleine diversification économique.
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