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Économie

Différend foncier à Essassa : la population s'en remet au chef de l'État

Des habitants d’Essassa

Réunis au sein d'un collectif, au moins 400 habitants et propriétaires de terrains dans la zone dite derrière Berthe et Jean, à Essassa, se sont mobilisés samedi dernier pour faire le point des démarches entreprises auprès de la Société nationale immobilière (SNI), suite au litige foncier qui les oppose. "Face à l'entêtement de cette entité publique de s'accaparer nos parcelles, nous avons choisi, pour l'instant, une attitude responsable en nous en remettant au chef de l'État, Brice Clotaire Oligui Nguema", a indiqué Simplice Ibouanga, le porte-parole du collectif, à l'issue de la rencontre.

Depuis près de 10 ans, la SNI revendique ce titre foncier hérité de la Société nationale des logements sociaux (SNLS) qu'elle a absorbée en 2019. Sauf que sur ce site, des familles y sont installées bien avant l'indépendance du Gabon.

Essassa étant un ancien village du district d'Ikoy-Tsini, la population y a développé, sans interruption, des activités résidentielles et communautaires pendant plusieurs décennies. En 2021, la SNI s’est déclarée propriétaire des terrains concernés, ce qui a entraîné l’ouverture de premières discussions avec les occupants. Malgré plusieurs réunions entre les parties prenantes, aucun accord n’a pu être obtenu à ce jour. Malgré les démarches pressantes de la SNI, les habitants de la zone avaient pourtant obtenu, en 2020, une réponse positive de la part des autorités de l'époque.

En effet, instruit par le président Ali Bongo Ondimba, Lambert-Noël Matha, alors ministre d'État à l'Intérieur, avait demandé à l'édile de la commune de Ntoum de "prendre des dispositions urgentes, en vue d'une solution définitive à ce litige, dans l'intérêt de la population". Les autorités de l'époque estimaient que "les litiges fonciers sont très souvent à l'origine des conflits susceptibles de compromettre la paix sociale". "À la suite des événements politiques de 2023, une mesure sociale a été annoncée par les nouvelles autorités. À l'époque où la SNI était dirigée par M. Kamonomono, ces mesures prévoyaient la cession des terrains aux occupants au prix de 950 FCFA le mètre carré. Cette mesure n’a toutefois jamais été appliquée et a été écartée par la SNI sans qu'on sache pourquoi", a souligné Paul Ekomie, propriétaire d'une parcelle.

Le gouvernement actuel avait pourtant annoncé une mesure sociale en vue de la régularisation foncière au bénéfice de la population concernée. "Mais nous observons une incohérence entre ce qu'a dit le président de la République et ce que fait la SNI sur le terrain. À certains endroits, cette société morcelle les parcelles. Dans d'autres, elle détruit les plantations, les vergers et même des constructions. En somme, elle semble agir à sa guise", a dénoncé le collectif.

Face au risque de conflit social, les habitants de "derrière Berthe et Jean" appellent donc à l'intervention du chef de l'État "afin de mettre fin aux différends fonciers persistants et à lancer une opération exceptionnelle de régularisation foncière (et non du cadre bâti)". Pour le collectif, qui considère Oligui Nguema comme un "homme de paix", cette initiative, inédite par son ampleur, vise à restaurer la dignité des Gabonais.

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