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Politique

Tonangoye, Ntoutoume-Leclercq : les possibles raisons de leur éviction

Philippe Tanangoye et Camélia Ntoutoume-Leclercq

Comme à chaque remaniement ministériel, le gouvernement ne laisse aucun indice sur les raisons qui ont conduit à la mise à l'écart (comme à l'entrée) d'un ministre. Et c'est bien le cas avec Philippe Tonangoye, parti de l'Accès universel à l'eau et à l'énergie, et Camélia Ntoutoume-Leclercq, qui quitte l'Éducation nationale. En l'absence d'explications claires et précises, et au-delà du pouvoir discrétionnaire du chef de l'État, seule la lecture du contexte peut permettre d'avoir une idée de l'éviction d'un ministre.

Philippe Tonangoye avait hérité d'un département parmi les plus exposés du moment. À cause de problèmes structurels. Ainsi, en février 2026, il reconnaissait une "crise énergétique" et un "stress hydrique", et avançait notamment la réhabilitation de forages et d’adductions d’eau, l’achat de compteurs, etc. À côté, il avait annoncé un programme ambitieux dont une grande partie reposait sur un plan d’investissement de près de 2 000 milliards de FCFA sur sept ans. Pourtant, les coupures d’eau et d’électricité n'ont jamais cessé.

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Et si on ajoute à tout cela les grands projets miniers qui nécessitent un gros approvisionnement en énergie ou la séparation de la SEEG en deux entités spécialisées (la Gabonaise des eaux et Électricité du Gabon), il est possible d'imaginer qu'on ne le voyait pas mener à bien ces missions.

Camélia Ntoutoume-Leclercq, ancienne ministre de l'Éducation nationale, sort d'un gouvernement dans lequel elle est entrée en 2020 comme ministre déléguée, puis devient ministre en mars 2022. Bien qu'il y ait des choses positives à mettre à son actif, sa longévité à la tête de ce département l'a rendue comptable de problèmes anciens.

Au regard de la récurrence des préavis, menaces de grève et mouvements plus localisés, elle ne semble pas avoir réussi à sortir le secteur éducatif des conflits sociaux et des besoins considérables en personnel et autres. Même si il y a son actif l'achèvement et la construction de nombreuses infrastructures scolaires, la tenue des examens aux dates indiques, et le fort taux des résultats positifs à tous les niveaux de l'éducation nationale.

Mais c'est sans doute l'affaire des primes de vacation (en juin 2026, un audit a relevé un dépassement de plus de 700 millions de FCFA dans le fichier des bénéficiaires), même si sa responsabilité n'a jamais été engagée, qui semble être la goutte de trop.

Qu'à cela ne tienne, l'éviction des uns ou la promotion des autres ne relève que de la seule et unique volonté du chef de l'État garant de la gestion du pays.

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