Figure emblématique de la vie politique nationale et première femme à avoir accédé à la magistrature suprême à titre intérimaire, Rose Francine Rogombe, s'est éteinte le 10 avril 2015 à Paris, en France, à 72 ans. Onze ans après sa disparition, elle demeure l'une des personnalités politiques les plus appréciées par les Gabonais.
C'est dire leur admiration pour cette femme d'État d'exception qui aura marqué, d'une empreinte indélébile, l'histoire du Gabon. Son nom reste, en effet, indissociable de la période qui a suivi la disparition du président Omar Bongo Ondimba le 8 juin 2009 à Barcelone, en Espagne. Transis par la douleur et l'émotion, les Gabonais n'étaient pas moins inquiets quant à l'avenir de leur pays à la suite du décès de celui qui présida à leurs destinées pendant plus de quatre décennies.
Alors présidente du Sénat, le 10 juin 2009, elle a prêté serment pour assurer l'intérim à la tête de l'État, devenant à 67 ans la première femme à diriger le Gabon. Du haut de sa connaissance des arcanes de la vie politique gabonaise, elle réussit à incarner la continuité de l'État et à conduire le pays dans la paix, sous le triptyque "consensus, Constitution, concertation".
Au-delà de cet épisode historique salué par les Gabonais, la communauté internationale, Rose Francine Rogombe a laissé l'image d'une femme de principes, profondément attachée au respect des institutions et aux valeurs républicaines.
Née le 20 septembre 1942 à Lambaréné, elle devient la première femme à intégrer le corps de la magistrature en 1967. Au terme d'une carrière bien remplie, elle est nommée secrétaire d'État à la Promotion féminine en 1983, puis des Droits de l'Homme en 1998. Avant d'être élue, dix ans plus tard, sénatrice du chef-lieu de la province du Moyen-Ogooué. Localité où un hommage lui sera rendu ce samedi.
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