Les autorités sanitaires de la République démocratique du Congo (RDC) ont confirmé mardi que le nombre de cas confirmés d'Ebola dans le pays a dépassé le seuil de 2 000 pour atteindre 2 011, dont 754 décès, alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti que l'ampleur réelle de l'épidémie pourrait être de deux à quatre fois supérieure au bilan officiel.
Selon l'OMS, la persistance de chaînes de transmission non détectées, le nombre élevé de décès communautaires et l'extension géographique rapide de l'épidémie risquent de maintenir la riposte en retard sur la dynamique de transmission.
S'exprimant à Genève après une mission à Bunia, chef-lieu de la province de l'Ituri et épicentre de la 17e épidémie d'Ebola enregistrée en RDC, Chikwe Ihekweazu, directeur exécutif du Programme de l'OMS de gestion des situations d'urgence sanitaire, a déclaré que la flambée actuelle, causée par le virus Ebola Bundibugyo, progressait plus rapidement que toutes celles précédemment prises en charge par l'organisation.
"Nous avons observé la croissance la plus rapide en un mois depuis le début de l'épidémie, et la plus rapide de toutes les épidémies d'Ebola que nous ayons eu à gérer", a-t-il dit.
Comparant la situation à un incendie, le responsable de l'OMS a expliqué que la transmission continuait de s'intensifier dans les principaux foyers tout en gagnant de nouvelles zones. Les modèles de l'organisation suggèrent que l'ampleur réelle de l'épidémie pourrait être deux à quatre fois supérieure au nombre de cas déclarés.
L'épidémie semble entrer dans une "nouvelle phase", marquée par une extension progressive au-delà de son épicentre initial en Ituri, selon un rapport hebdomadaire publié mardi par le bureau régional de l'OMS pour l'Afrique.
La propagation récente aux provinces de la Tshopo et du Haut-Uélé "accroît la complexité de la riposte et augmente le risque d'une propagation nationale et transfrontalière", souligne le rapport.
Les autorités sanitaires congolaises ont indiqué mardi que l'apparition de nouveaux cas dans le Haut-Uélé, qui totalise désormais 14 cas confirmés, dont 13 décès, témoignait d'une nouvelle extension géographique nécessitant un renforcement immédiat de la surveillance, des capacités de diagnostic et de la préparation opérationnelle.
La proximité de certaines zones touchées avec l'Ouganda et l'importance des mouvements de population augmentent également le risque de propagation transfrontalière.
La détection de cas à Kisangani, capitale de la Tshopo, une ville de plus de 1,6 million d'habitants et un important carrefour reliant l'est et l'ouest du pays, met en évidence le risque d'une diffusion plus large le long des grands axes de transport, notamment le fleuve Congo, a averti mardi le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).
Dans le Sud-Kivu, en revanche, aucun nouveau cas confirmé n'a été signalé depuis le 26 mai. La province maintient une surveillance renforcée en vue d'une éventuelle déclaration de fin de transmission.
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