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Chroniques

[Editorial] - CSM : acte de confiance !

Lin-Joël Ndembet - Directeur de la Rédaction et Publication du Quotidien L'Union

Le Conseil supérieur de la magistrature n'a pas statué seulement sur des avancements et des mutations. Il a, comme d'aucuns l'espéraient, assumé la logique enclenchée le 25 août dernier, après une série de blâmes, de suspensions et de révocations, pour que la justice gabonaise se réforme vraiment et sorte des bonnes intentions.

Prenant acte des décisions du dernier Conseil de discipline, répondant à la forte attente née du trouble qui a régné ces dernières semaines dans ce corps ainsi qu'une grande partie de l'opinion, cette instance a restauré, du moins par cette approbation, la confiance érodée envers la justice, et particulièrement ses acteurs. Cette confiance ne pouvait plus seulement se décréter par des discours sur la probité, ni par un communiqué de circonstance. Cette confiance devait se gagner, du moins, par les décisions assumées, appliquées en l'encontre de quelques membres de la corporation.

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Agissant dans un contexte exceptionnel de blâmes, suspensions, révocations, situation davantage tendue et aggravée par la sortie du Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag), dans une sorte de mea culpa, en rappelant que la corruption existe aussi dans l’administration, la politique, la finance, etc., cette forme de défense, en montrant la pourriture d’à côté, était apparue en soi inadmissible. Car reconnaître la corruption des autres pour excuser la sienne, c’est reconnaître les faits tout en refusant d’en payer le prix. C’est comme plaider coupable tout en demandant l'acquittement.

Non, le magistrat qui sanctionne la corruption ne peut s'en prévaloir. Et le Conseil supérieur n'a fait que suivre la voie disciplinaire prise en insistant, notamment sur de gros défis qui restent à relever pour rendre la justice plus proche des justiciables, les procédures plus fluides et autres mécanismes.

En prenant acte des décisions disciplinaires, tout en procédant aux nominations, mutations, l'idée qui ne saurait prospérer est de laisser croire que tous les magistrats seraient corrompus. Non, il existe encore parmi eux, fort heureusement, des femmes et des hommes intègres, qui confirment la singularité de ce fonctionnaire dont la probité n’est pas une vertu parmi d’autres, mais la condition de toutes les autres. Le magistrat qui doit sanctionner la corruption, commet une faute lourde s'il s'en réclame, c’est une forfaiture.

Le Conseil supérieur de la magistrature a validé que la justice accepte de juger ses propres acteurs, tout en réaffirmant l'importance de réformer pour restaurer durablement la confiance.

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