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Économie

Faustin Kopangoye : "Pour promouvoir l'agroécologie et la souveraineté alimentaire, il faut un plaidoyer auprès des pouvoirs publics"

Faustin Kopangoye, le coordinateur national des OSC pour l’agroécologie au Gabon.

L'UNION • Après la 2e Conférence du Bassin du Congo sur l'agroécologie, qui vient de se tenir à Yaoundé, comment comptez-vous impliquer les pouvoirs publics et les parties prenantes au Gabon ?

-Faustin Kopangoye : Depuis 2024, nous avons identifié les parties prenantes : organisations paysannes, coopératives de pêche, société civile, parlementaires, instituts de recherche, partenaires techniques et financiers, associations de consommateurs, ainsi que plusieurs départements ministériels (Agriculture, Pêche, Santé, Planification, Travaux publics, Commerce, Justice, Communication, Forêts, Éducation et Formation professionnelle). Sur le plan du plaidoyer, l'objectif est de traduire la stratégie régionale en une législation nationale, complétée par un décret définissant les pratiques agroécologiques reconnues au Gabon.

Pour beaucoup de Gabonais, l'agroécologie reste un concept flou. De quoi s'agit-il concrètement ?

-C'est une science pratique, en constante évolution, qui articule écologie, économie et enjeux sociaux. Dans les faits, nos parents au village la pratiquaient déjà : les déchets biodégradables retournaient au pied des plantes pour nourrir le sol, sans produits surgelés, sans engrais ni pesticides chimiques, sans semences OGM. L'agroécologie n'est ni une boîte à outils ni une liste de recettes. Elle repose sur un ensemble de principes qui remettent en cause le modèle agroalimentaire dominant et replacent les paysans et l'agriculture familiale au centre du système.

Elle suppose un partage constant des savoirs entre recherche scientifique et pratiques paysannes. Elle vise des systèmes alimentaires plus sûrs, plus justes et plus résilients : des denrées saines, des sols fertiles, une biodiversité préservée, une gestion durable de l'eau, une combinaison des savoirs traditionnels et des innovations scientifiques. Elle contribue aussi à réduire les émissions de gaz à effet de serre en augmentant le stockage du carbone dans les sols et la végétation, tout en améliorant les revenus des petits producteurs.

Quel lien faites-vous entre agroécologie et souveraineté alimentaire ?

-Le lien est étroit. En développant des chaînes de valeur durables autour de nos produits locaux, nous progressons vers la souveraineté alimentaire : " manger gabonais " pour atteindre la sécurité alimentaire et nutritionnelle. La souveraineté alimentaire, c'est le droit des peuples à une alimentation saine, respectueuse des cultures, produite selon des méthodes durables, et le droit à définir leurs propres systèmes agricoles et alimentaires.

Elle place les besoins des producteurs, distributeurs et consommateurs au coeur des politiques, plutôt que les logiques de marché ou des transnationales, et défend les intérêts des générations futures. Avec tout ça, nous avons forcément des attentes. Une feuille de route est en préparation. Avec le gouvernement et les partenaires techniques et financiers, nous allons structurer la mobilisation des fonds existants pour nancer nos projets, notamment via une table ronde avec le CAFI, le Fonds vert, le Fonds bleu et d'autres financements locaux.

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