Les projets portant Statut général de la Fonction publique et Statut général des fonctionnaires suscitent des débats de fond. La ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong, présente cette réforme comme un élément de modernisation de l'administration publique, avec pour ambition d'améliorer la gestion des carrières, de renforcer la performance des agents publics, d'offrir un service plus efficace aux usagers en plaçant le mérite au centre de tout, en s'appuyant sur des critères objectifs et mesurables, notamment la ponctualité, l'assiduité, le respect des principes d'éthique, de déontologie, etc.
Pour autant, côté partenaires sociaux, la pilule a vraiment du mal à passer. Le président de la Confédération syndicale des travailleurs gabonais vaillants (CSTGV), Pierre Mintsa, dénonce " une manoeuvre clandestine du gouvernement" en pointant du doigt la suppression des avancements automatiques, seul avantage des fonctionnaires gabonais, selon lui.
Cela lui a valu une mise en demeure signifiée par voie d'huissier de la ministre de la Fonction publique, l'intimant de communiquer l'intégralité des documents, notes, projets, correspondances ou tout autre élément matériel sur lesquels il fonde ses accusations. De " produire les prétendues preuves " auxquelles il fait publiquement référence, etc.
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Bref, le débat pourrait se poursuivre dans les prétoires. Est-ce la voie la mieux indiquée ? Dans tous les cas, les critiques et inquiétudes ne sont pas retombées pour autant. Les politiques se sont également mêlés à la danse. Le président du Front démocratique et socialiste (FDS), Me Anges Kevin Nzigou, a appelé " le gouvernement à suspendre toute décision sur la réforme de la Fonction publique jusqu'à une concertation approfondie". Au milieu de tout cela, l'un des défis majeurs pour Laurence Ndong serait d'éviter toute forme d'unilatéralisme, qui ferait croire à une volonté jusqu'au-boutiste du gouvernement de passer en force, au mépris des observations des uns et des autres.
Pour y parvenir, le dialogue s'avère indispensable. D'autant plus que les inquiétudes exprimées par plusieurs organisations syndicales prouvent bien que la concertation reste une priorité absolue. À défaut, la rentrée pourrait être particulièrement agitée pour la ministre de la Fonction publique.
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