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Économie

Agropag : la vitrine de l’autosuffisance alimentaire en zone de turbulence

Siège d'Agropag

La sortie publique, la semaine dernière, de Raymond Ndong Sima, président du conseil d’administration d’Agropag (qui annonçait quitter ses fonctions au sein de la société), a mis en lumière un climat interne dégradé, poussant notre Rédaction à enquêter sur la situation réelle de l’entreprise. Selon des sources internes proche de la direction administrative, une centaine d’employés répartis sur quatre sites n’auraient plus perçu de rémunération depuis deux mois. Un troisième mois sans paie s’annonçant désormais. En cause, l’absence de validation d’un budget transmis à la direction générale dès le 16 mars 2026. Une présentation au conseil d’administration, prévue le 2 juillet, aurait été annulée, le directeur général s’étant décommandé pour motif médical.

La direction administrative et financière conteste, par ailleurs, le montant de 7 milliards de francs CFA souvent cité publiquement pour l’achat du bétail, assurant que seuls deux milliards auraient réellement été alloués à Agropag, le reste ayant bénéficié à la SAEG, structure pourtant dissoute par l’État faute de résultats probants.

Nos investigations font état de plusieurs épisodes de pertes animales. Une partie du bétail bovin importé du Brésil serait morte pendant son transport, tandis que d’autres bêtes auraient suivi des troupeaux d’éléphants après avoir tenté de se nourrir dans des champs de maïs. Des centaines d’animaux ont ainsi disparu dans la nature.

La filière avicole n’a pas été épargnée : faute de chambres froides promises par l’État, une troisième demande de poulets aurait dû être annulée. Ces incidents ne relèveraient pas d’erreurs de gestion, mais d’un manque récurrent de fonds pour l’alimentation, l’abreuvement et le suivi sanitaire du cheptel.

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La dissolution de la SAEG au profit d’Agropag, actée par le gouvernement le 26 février 2026, devait s’accompagner d’un transfert clair des véhicules, tracteurs et comptes bancaires. Cinq mois plus tard, cette bascule reste incomplète : d’anciens agents de la SAEG continueraient d’opérer sur le terrain, parfois en uniforme. Deux ordonnances gouvernementales censées clarifier le statut juridique d’Agropag ont, en outre, été rejetées par l’Assemblée nationale, après des soupçons d’ irrégularités dans leur publication au Journal officiel. Le directeur général serait rarement présent au siège officiel, davantage visible dans les anciens locaux de la SAEG, confient les agents rencontrés au siège d’Agropag sis au bas de Gué-Gué. Ces derniers appellent même à une clarification urgente de la gouvernance et des perspectives budgétaires, alors que les risques de contentieux sociaux s’accentuent.

Malgré ce constat, les agents d’Agropag continuent de défendre la viabilité du projet, rappelant les investissements déjà consentis au travers de quatre sites de production, des dizaines d’engins agricoles, une centaine d’emplois créés. Ils réclament aussi la publication des procès-verbaux des derniers conseils d’administration, ainsi qu’une clarification sur l’usage des budgets alloués depuis 2025.

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