Mercredi 12 juin, la manifestation de la coalition C64 a dégénéré sur le boulevard Triomphal. Bilan : au moins 2 morts, des dizaines de blessés, Martin Fayulu et Jean-Marc Kabund touchés. L’opposition dénonce une «répression violente».
Les militants de la coalition C64 s’étaient rassemblés mercredi dernier pour marcher vers le Palais du Peuple. Objectif : un sit-in contre le projet de changement de Constitution et un possible 3e mandat de Félix Tshisekedi.
La police avait dispersé le cortège par des tirs. Selon des témoins et l’opposition, des balles réelles auraient été utilisées. Les manifestants ont été repoussés jusqu’au Palais du Peuple avant que la situation ne dégénère.
Le leader de l’ECiDé, Martin Fayulu affirme avoir été «gravement blessé» lors des affrontements. «Nous sommes blessés, gravement blessés», a-t-il déclaré, accusant les forces de l’ordre d’avoir empêché les opposants de quitter les lieux. L’opposant Jean-Marc Kabund figure aussi parmi les blessés. Selon Martin Fayulu, plusieurs victimes sont à déplorer dont «deux morts». Un rapport de monitoring d’un organe de l’Eglise catholique confirme deux morts. Le bilan officiel des autorités n’a pas encore été communiqué.
Ces violences surviennent dans un climat de forte contestation autour d’un éventuel changement constitutionnel. Le Parlement vient d’adopter la proposition de loi sur le référendum, texte prêt pour promulgation. La «Coalition Article 64» a déjà fixé une nouvelle manifestation le 8 juillet contre toute modification de la Constitution.
Pour le journal Le Monde, «la lutte contre le changement de Constitution et le troisième mandat semble mobiliser l’opposition». L’UDPS, ex-fer de lance de l’opposition, «lutte pour maintenir sa légitimité» à Kinshasa.
Les témoins évoquent la présence de civils armés de machettes agissant aux côtés de la police. Ils seraient membres des «Forces du progrès», structure radicale de l’UDPS.
L’Union européenne a «déploré les événements violents du 12 juin à Kinshasa, ainsi que les morts et blessés graves» et rappelé que «l’espace démocratique implique la liberté de manifester pacifiquement».
Avec ces heurts, la rue congolaise entre dans une phase de confrontation directe. La manifestation du 8 juillet annoncée par la C64 s’annonce sous haute tension.
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