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Société & Culture

Justice : le linge sale se lave en famille !

Augustin Emane, ministre de la justice

Progressivement, les germes d'un délitement qui aurait davantage embouti l'appareil judiciaire sont en voie d'absorption, pour un retour à la sérénité.

Certes, il existe encore des perspectives à franchir pour voir le problème totalement résolu, mais en l'état actuel des choses, l'on peut savoir gré au gouvernement d'avoir anticipé, lorsqu'il s'est agi d'aplanir les risques d'aggravation. Lavant ainsi le linge sale en famille.

Même si cet incident de Mouila, né de l'interpellation de trois agents de la Sécurité pénitentiaire, à l'origine des tensions ayant suivi entre le Ministère public, les officiers de police judiciaire et les agents de la Sécurité pénitentiaire, loin d'être un fait anodin, constitue toutefois une alerte sur l'état de la chaîne pénale.

C'est fort de cela que le ministre de la Justice, garde des Sceaux, chargé des Droits humains, Augustin Émane, a rappelé, lors des rencontres tenues aussi bien à Mouila qu'à Libreville avec les différentes parties, les obligations fondamentales qui sont les leurs. Indiquant qu'un dysfonctionnement individuel, aussi grave soit-il, ne saurait justifier une "paralysie collective" de l'appareil judiciaire. Invitant de facto, les uns et les autres, à s'approprier les enjeux des réformes engagées, qui ambitionnent de révolutionner la justice gabonaise, avec en point d'orgue l'aplanissement des goulots d'étranglement d'une administration judiciaire souvent jugée un peu trop encline, ces derniers temps, à la critique.

Il faut dire que l'incident détonateur interroge sur le niveau de contrôle et de discipline au sein des services judiciaires et pénitentiaires. "Que des produits prohibés, en l'occurrence le chanvre indien, puissent être détournés dans un espace censé incarner l'autorité de la loi, révèle des insuffisances profondes", s'est inquiété un cadre de l'administration judiciaire, pour qui les auteurs de cet acte ont failli aux règles déontologiques en la matière.

Il s'agit de trois agents de la Sécurité pénitentiaire mis en cause dans une affaire mêlant détention illicite et soustraction de stupéfiants au sein même de l'enceinte judiciaire. Et c'est la "procédure régulière ouverte à l'encontre de ces trois agents présumés impliqués dans un trafic de stupéfiants issus des scellés du tribunal, par le procureur de la République de Mouila, qui va susciter une résistance organisée, délibérée et coordonnée de la part des responsables des forces de sécurité", dixit le Syndicat des magistrats du Gabon (Synamag). La suite ? La prison de Mouila est barricadée pour empêcher l'incarcération de leurs collègues. Un incident qui, selon l'opinion, au-delà de sa dimension pénale, a provoqué un véritable "court-circuit institutionnel" ayant mis à rude épreuve la coordination indispensable entre les différents maillons de l'appareil judiciaire. Et la montée au créneau du Synamag n'a pas forcément été du goût de la tutelle qui estime que cette sortie n'avait pas de raison d'être, vu que les rapports d'enquête des Inspections générales des services judiciaires et de la Sécurité pénitentiaire sont toujours attendus. D'où l'exhortation faite aux magistrats à davantage de retenue et de tempérance.

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