Le ministère du Rayonnement culturel et des Arts a lancé le 18 mars dernier un concours pour définir une tenue traditionnelle officielle au Gabon. Une annonce, dans le sillage de la vision portée par Brice Clotaire Oligui Nguema, qui suscite déjà débats et réserves. Certes sur le papier, l'initiative coche des cases séduisantes. Elle vise ainsi à valoriser les savoir-faire, à stimuler la création, à affirmer une identité vestimentaire, mais sa méthode interroge.
Sur la toile, les critiques sont donc frontales. Pour d'aucuns, "une tradition ne se décide pas sur un podium". Ceux-là rappellent qu'"elle se construit dans le temps, à travers l'histoire et l'appropriation collective". Même tonalité chez Paule Maroussia, dite La Dame Mode, qui estime que "la légitimité culturelle ne se fabrique pas dans l'urgence".
Au coeur des inquiétudes également, le risque de réduire un héritage vivant à "une simple performance esthétique". Car au-delà du tissu, la tenue traditionnelle porte de l'avis de ceux-là, "une mémoire collective, des rites, des contextes sociaux précis". La figer par concours reviendrait, selon ces voix, à simplifier un sujet profondément culturel.
D'autres pointent du doigt une forme de précipitation.
"Aller trop vite, c'est poser de mauvaises bases", prévient encore Paule Maroussia, plaidant plutôt pour un accompagnement durable des créateurs. Ce qui intègre des financements, une structuration ainsi qu'une visibilité. Reste que l'ambition de valoriser la mode gabonaise fait consensus. Mais entre vitrine nationale et construction identitaire, la ligne est bien fine.
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