Alors que le monde se recompose, le Gabon doit-il miser sur une "libéralisation productive" pour assurer sa prospérité ? C'est la thèse défendue par Yves Fernand Manfoumbi, qui appelle à un "tournant stratégique décisif". Son constat est sans appel : le modèle de la rente, basé sur l'exportation des matières premières, a montré ses limites. Vulnérable aux chocs extérieurs, il bride l'emploi et empêche l'émergence d'un tissu entrepreneurial solide. L'heure est donc à la transformation locale et à la création de valeur.
Mais attention, prévient-il, cette libéralisation n'est pas un désengagement de l'État. Au contraire. Il s'agit d'une redéfinition des rôles. L'État doit devenir un "stratège" : garantir les infrastructures, assurer la stabilité et réguler. Au privé, ensuite, de prendre le relais pour innover, produire et créer la richesse.
Pour y parvenir, l’économiste esquisse plusieurs réformes clés. La première est administrative : lever les barrières qui découragent l'initiative. Créer une entreprise doit devenir simple et rapide. La deuxième est fiscale : il faut une fiscalité incitative, qui encourage l'investissement dans les secteurs d'avenir comme l'agro-industrie, le bois ou les industries numériques.
Le financement est l'autre pilier du projet. Sans crédit, pas de développement des PME. Yves Fernand Manfoumbi propose de restructurer le système financier pour le rendre plus audacieux et plus inclusif, via des fonds de garantie ou du capital-risque. Enfin, le capital humain est jugé crucial : la formation professionnelle doit être massivement adaptée aux besoins du marché.
Toute cette architecture repose sur un prérequis : une gouvernance exemplaire. "La transparence, la lutte contre la corruption, la stabilité institutionnelle sont les fondements de la confiance", insiste-t-il.
L'ambition affichée est claire : faire du Gabon un hub de production en Afrique centrale. Pour Yves Fernand Manfoumbi, la "libéralisation productive" n'est pas un choix idéologique, mais une "nécessité historique". Le chemin vers une prospérité durable, selon lui, passe par cette révolution de la production. Reste à savoir si les acteurs économiques et politiques sont prêts à relever le défi.
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