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Faits divers & Justice

Alain-Claude Bilie-By-Nze : "À EPG, nous avons choisi de défendre les principes et les valeurs"

Alain-Claude Bilie-By-Nze, fondateur du parti politique Ensemble pour le Gabon (EPG)

L'Union. Le juge des référés s'est déclaré incompétent et vous renvoie vers le Conseil d'État. Certains pourraient y voir une erreur d'orientation juridique de votre part. Votre démarche visait-elle d'abord à obtenir une décision rapide pour alerter l'opinion, ou pensez-vous réellement que la justice doit intervenir en urgence dans ce dossier ?

-Alain-Claude Bilie-By-Nze : EPG considère que la mesure prise par la HAC consistant à suspendre les réseaux sociaux constitue une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales, notamment la liberté d'expression et la liberté de communication. Cependant, nous avons pris connaissance de l'ordonnance rendue lundi le 16 mars 2023 par le juge des référés du Tribunal de première instance de Libreville qui s'est déclaré incompétent et nous a renvoyé à mieux nous pourvoir auprès du juge administratif. Ensemble Pour le Gabon a choisi d'interjeter appel de cette décision car elle ne répond pas à nos attentes en droit d'une part et, d'autre part, à notre volonté d'aborder le fond de cette affaire d'une extrême gravité car elle met en péril notre liberté de citoyen. Nous ne pouvons pas en dire davantage pour le moment.

Sur quoi fondez-vous la légitimité d'EPG pour parler au nom des Gabonais dans ce débat sur les libertés publiques ?

-Ensemble Pour le Gabon est un parti politique légalement reconnu, ce qui lui donne le droit de s'emparer de tous les sujets qui traversent la société gabonaise et d'émettre des critiques et des avis. C'est une hérésie politique et une grave dérive que de considérer qu'en démocratie, seule la majorité électorale aurait le droit de s'exprimer. Il s'agit-là d'une conception très dangereuse, qui traduit la tentation autocratique et tyrannique du pouvoir actuel. Si la minorité ne s'exprime pas, comment pourrait-elle devenir majoritaire dans l'opinion d'abord, et dans les urnes ensuite ? À EPG, nous avons choisi de défendre les principes et les valeurs, plutôt que de défendre un régime car les régimes passent, les principes et les valeurs demeurent.

Si le gouvernement ou la HAC estiment que la suspension des réseaux sociaux vise à préserver l'ordre public ou à éviter la désinformation, quelle alternative concrète proposez-vous pour garantir à la fois la liberté d'expression et la stabilité du pays ?

-Pour autant, la HAC est-elle compétente pour réguler les réseaux sociaux ? En l'état actuel de la loi, la réponse est non. Le gouvernement peut-il réguler les réseaux sociaux ? La réponse est oui. Doit-il suspendre les réseaux sociaux de manière globale et indéterminée pour les réguler ? La réponse est non. Dans tous les pays sérieux où ce problème s'est posé la démarche logique a consisté à poser préalablement le cadre normatif qui, seul, permet la régulation.

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