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Société & Culture

Éducation : l’école reprend-elle aujourd’hui ?

Assemblée générale des enseignants

L’éducation est-elle aujourd’hui dans une impasse ? La question n’est pas fortuite et mérite que l’on s’y attarde. Depuis le 5 janvier 2025, l’école gabonaise est à l’arrêt total. Le mouvement de grève porté par le collectif "SOS Éducation" a paralysé le secteur, contraignant les parents à garder leurs enfants à la maison. Jusqu’à quand ? Difficile de répondre avec exactitude.

Une lueur d’espoir a pourtant semblé poindre le 14 janvier dernier, lorsque certains enseignants revendiquant la paternité de "SOS Éducation", sur la base des acquis négociés avec la tutelle, ont annoncé la reprise des cours pour le jeudi 15 janvier. Mais l’initiative a fait long feu. La base ne s'étant pas sentie concernée par cet appel à la reprise. À preuve, le lendemain, aucun enseignant n’était présent dans les établissements.

Tous les regards se sont alors tournés vers l’assemblée générale du week-end écoulé à Awendjé, censée trancher la question. Mais les nouvelles issues de cette rencontre n’ont rien de rassurant. La base a, au contraire, fait entendre sa voix avec une fermeté renouvelée, scandant des slogans sans équivoque. Entre “no money, no school”, “la base, c’est nous”, “derrière rien, il n’y a rien” ou encore : “c’est tout ou rien”. Le message est clair : ce lundi, il n’y aura pas cours.

Pourtant, reconnaît la base elle-même, le gouvernement a consenti des efforts, notamment avec la régularisation de 4 000 situations administratives. Mais la nuance est aussitôt apportée. “4 000 sur 27 000, c’est dérisoire”. Dès lors, la base campe sur le “tout ou rien”. Une posture justifiée, selon les enseignants, par une précarisation qui dure depuis trop longtemps.

Que veut donc la base pour reprendre le chemin de l’école ? Elle affirme disposer de son propre protocole de sortie de crise, qu’elle n’a cependant pas rendu public. Un protocole qu’elle entend remettre directement au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, “massivement voté par les enseignants le 12 avril 2025”.

Autre résolution issue de l’assemblée générale : plus question d’entrer dans des négociations susceptibles de diviser une base qui se dit désormais plus soudée que jamais pour que tout le système s’améliore.

Pourtant, face à cette crise, le gouvernement, ne s’est pas dérobé. Compte tenu de l’urgence, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a réuni les parties prenantes, Fonction publique, Budget et Éducation, afin d’identifier des solutions efficaces.

Les annonces à l’issue de cette concertation sont conséquentes : création d’un guichet unique pour la gestion des situations administratives, salarisation de 1 810 bénévoles à travers le pays dès le 25 février prochain, mise en solde de 328 sortants d’écoles (École normale supérieure (ENS) et École normale supérieure de l'enseignement technique (ENSET), mise en présalaire de 692 sortants (Écoles normale des instituteurs (ENI) de Libreville et de Franceville, ainsi que la régularisation de 4 000 situations administratives sur les 6 574 codifiées à la Fonction publique.

Les primes d’éloignement et de logement sont également à l’étude, afin de s’assurer, pour la première, que les bénéficiaires remplissent effectivement les conditions requises. Quant aux 900 enseignants scientifiques, ils passeront en situation de présalaire dès février prochain. Les rappels de solde, eux aussi, sont pris en compte et annoncés comme devant être payés.

Alors pourquoi cela ne suffit-il toujours pas à convaincre la base ? L’arbitrage attendu du chef de l’État est-il réellement la clé de sortie de crise ? Et, surtout, pour des revendications anciennes, donc qui datent, des solutions peuvent-elles être trouvées avec l’immédiateté exigée par la base ? Le temps nous édifiera.

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