Les organes législatifs rivaux de l'Est et de l'Ouest de la Libye ont signé un accord, sous l'égide des États-Unis, pour unifier les dépenses publiques à l'échelle de ce pays divisé, une première depuis 2013, a annoncé samedi dernier la banque centrale.
"Cette étape reflète un progrès réel vers l'unification de la politique budgétaire et le renforcement de la bonne gestion des dépenses publiques", a déclaré la banque, précisant que l'accord constituait "le premier consensus sur des dépenses unifiées à travers la Libye depuis plus de 13 ans". Depuis la chute et la mort de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye peine à retrouver sa stabilité. Deux exécutifs s'y disputent le pouvoir : le gouvernement d'Abdelhamid Dbeibah à Tripoli et un autre à Benghazi (est), contrôlé par le maréchal Khalifa Haftar et ses fils.
L'accord a été signé par Issa Al-Arebi, représentant de la Chambre des représentants basée à Benghazi, et Abdeljalil Al-Chawish, représentant du Haut Conseil d'État, situé dans la capitale.
Malgré des recettes pétrolières de 22 milliards de dollars l'an dernier, en hausse de plus de 15 % sur un an, la Libye fait face à un déficit en devises de 9 milliards de dollars, selon la banque centrale. En janvier, celle-ci a dévalué le dinar de près de 15 % pour la deuxième fois en moins d'un an, invoquant notamment l'absence d'un budget unifié.
La banque centrale a estimé que ce nouvel accord renforcerait la stabilité financière du pays riche en pétrole, saluant le "rôle positif des États-Unis dans le soutien aux efforts de médiation" entre les deux parties.
La Libye détient les plus importantes réserves de pétrole d'Afrique, estimées à environ 48,4 milliards de barils, et produit actuellement quelque 1,5 million de barils par jour, tout en cherchant à porter cette production à 2 millions.
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