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Économie

Droits des consommateurs : un combat inachevé

Magasin de libreville

À l’occasion de la Journée mondiale des droits des consommateurs, célébrée ce 15 mars sous le thème ''Des produits sûrs, des consommateurs confiants'', le Gabon a choisi de mettre l’accent sur la responsabilité partagée avec le slogan ''Consommateurs éclairés, marché responsable : vers une économie durable''.

Pourtant, si cette journée est l'occasion pour les acteurs de réfléchir sur la vitalité de l'écosystème des consommateurs, au Gabon, le droit des consommateurs est presque un concept nouveau qui peine à s'imposer à cause d'une tradition consumériste et administrative longtemps dominée par les opérateurs économiques.

Ce n'est que dans les années 90, au sortir de la Conférence nationale, que les premières associations se font connaître. Malgré les années, il n'existe pas de registre officiel centralisé et public spécifiant le nombre exact d'associations de consommateurs au Gabon. La réalité du paysage associatif gabonais dans ce domaine se caractérise par une forte volatilité et une visibilité médiatique intermittente. Le temps n'a laissé que l'Organisation gabonaise des consommateurs (OGC), le Réseau de protection des consommateurs (RPC), SOS consommateurs et l'Association gabonaise des usagers de la banque (AGUB) sortir des limbes.

Ce faible nombre s'explique surtout par un taux de mortalité associative élevé. De nombreuses associations sont créées pour répondre à un événement particulier (comme lors d'une hausse brutale des prix ou un litige de grande ampleur), mais cessent toute activité une fois l'événement passé. Quant à celles qui survivent, leur représentativité, combinée à la faiblesse de leurs ressources financières et humaines, reste assez limitée. Il suffit de parcourir les réseaux sociaux pour se rendre compte qu'elles dépassent à peine les 5 000 abonnés. En dépit de l'importance du combat qu'elles mènent.

La Journée mondiale des droits du consommateurs a la particularité, cette année, de rappeler que l'émergence des consommateurs comme force de proposition active est entravée par plusieurs facteurs. Au-delà de l'influence limitée des associations, une part importante de la population est insuffisamment informée de ses droits fondamentaux. Ce qui limite la capacité de recours collectif ou individuel en cas de litige.

Devant ces circonstances, les réseaux sociaux sont de plus en plus considérés comme le seul moyen de se faire entendre ou un exutoire. Des pages Facebook comme 1,8 million de consommateurs Gabon permettent justement aux consommateurs gabonais de pouvoir donner leurs avis (positifs ou négatifs) sur la qualité des biens et services qui leur sont proposés par les entreprises publiques ou privées. L'usage intenssif des outils numériques, comme le Mobile Money, a poussé les consommateurs à exiger de meilleurs services. Ce qui force souvent les entreprises à adapter leurs pratiques.

Le gouvernement tente aussi de jouer sa partition à travers des entités comme l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa). C'est un établissement public à caractère industriel et commercial, dont les missions en lien avec les consommateurs sont de veiller à l’information des consommateurs sur la qualité sanitaire et nutritionnelle des aliments, ainsi que de protéger la santé et les intérêt des consommateurs en matière alimentaire en garantissant le bon fonctionnement du marché. Sans vraiment changer la donne. Le chemin, pour qu e l e consommateur devienne une vraie force de proposition, est encore long.

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