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Société & Culture

Crimes de sang et Iboga : le CESEC relance le débat

Guy-Bertrand Mapangou, président du Conseil Economique, Social, Economique, Environnemental et Culturel

Hier à son siège, le Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) a ouvert sa première session ordinaire de l’année 2026. Pendant 21 jours, l’institution consultative entend se saisir de deux dossiers sensibles : la recrudescence des crimes de sang et la valorisation de l’Iboga. Deux thèmes qui, selon son président Guy-Bertrand Mapangou, entrent en “parfaite résonance" avec les chocs sociaux et les défis structurels auxquels le Gabon est confronté.

L’inscription à l’ordre du jour de la recrudescence des crimes de sang, avec en toile de fond la question d’un éventuel retour de la peine de mort, marque un tournant politique. Mais le président du CESEC se veut clair : il ne s'agit pas “d'une volonté de rupture avec les principes fondamentaux des droits de l’Homme et de l’État de droit, ni d’un plaidoyer en faveur d’une sanction irréversible érigée en solution unique”. Pour lui, il s’agit avant tout d’une démarche d’alerte et de prise de conscience collective face à des actes d’une brutalité extrême. “En appelant à ce débat, le CESEC a entendu provoquer un électrochoc à la hauteur de la gravité des faits observés”, affirme-t-il.

Le CESEC pose la question de l'efficacité de l'arsenal répressif face aux “crimes crapuleux de sang” et tire la sonnette d’alarme face à une situation alarmante afin d’ouvrir une réflexion plurielle sur les réponses à apporter. “C’est dans cet esprit que le président de la République nous a instruits de mener une consultation élargie des forces vives de la Nation pour trouver une réponse à ce phénomène sinistre”, a précisé Guy-Bertrand Mapangou. Le débat annoncé pourrait ainsi redessiner les lignes de fracture entre défenseurs des droits humains et partisans d’un durcissement judiciaire, dans un contexte politique où l’autorité publique est scrutée.

Autre dossier stratégique, l’Iboga. Plante sacrée, au coeur de pratiques traditionnelles et objet d’un intérêt scientifique croissant, elle est envisagée comme un moteur économique et un levier de recherche. Le CESEC pose la problématique de “la valorisation stratégique d’un patrimoine culturel sacré et génétique d’une valeur exceptionnelle”. Le constat est sans appel : “malgré son potentiel reconnu, l’Iboga demeure insuffisamment structuré et reste exposé à des risques de surexploitation, de biopiratage et d’appropriation illégitime des savoirs traditionnels par le pillage du vivant”, a dit Guy-Bertrand Mapangou.

Pour le CESEC, l’urgence est de structurer une filière responsable et protéger juridiquement les connaissances ancestrales. “Le gouvernement se doit de déclarer l'Iboga, patrimoine national inaliénable”, estime Guy-Bertrand Mapangou car, dit-il, “les appétits de certains pays occidentaux s'aiguisent de jour en jour pour s’approprier le Graal”.

Le CESEC dit affirmer son rôle de pilier du dialogue national et de laboratoire d’idées au service de l’action publique. Entre exigence sécuritaire et affirmation de souveraineté culturelle, la session 2026 pourrait peser durablement sur l’agenda gouvernemental et sur les équilibres du débat national.

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