Les prothèses mammaires en coton et en acrylique arrivent à Libreville. Mieux, elles seront désormais fabriquées sur place. Hier, dans la salle paroissiale de l’église Saint-André, aux Trois Quartiers, l'heure était à l'apprentissage des techniques du tricot du crochet.
Ainsi, Fallone, bénévole à l’Association pour le soutien et l’aide aux femmes atteintes de cancer (Asafac), a presque terminé son bonnet A. Au crochet, elle fait passer le fil, ajuste, vérifie. Le geste est précis. Travailleuse sociale, elle a vu sa sœur subir une mastectomie. "Je sais ce que ça représente. Si je peux aider une femme à se sentir un peu mieux dans ses vêtements, alors je le fais", confie-t-elle. Pas de salaire. Juste l’envie d’arracher un sourire à celle qui glissera la prothèse dans son soutien-gorge.
Autour d’elle, Mathilde, Denise, Michelle ou encore Armelle s’appliquent. Certaines cherchent le rythme, recommencent un rang. Le cœur à l’ouvrage. Elles apprennent. Elles sont là pour ça. À leurs côtés, Sylvie Landry, présidente de Knitted Knockers Paris, association d’origine américaine spécialisée dans les prothèses textiles, formatrice, encourage. ''La technique est simple. En quelques jours, elles seront autonomes. L’idée, c’est que ces prothèses soient fabriquées ici, pour les femmes d’ici.''
Tout est parti d’un constat, explique Jeanne d’Arc Kong-Ndes, présidente de l’Asafac. Les prothèses en silicone restent hors de portée pour beaucoup. "Certaines femmes glissent des morceaux de tissu pour compenser. Ce n'est ni confortable, ni digne". Alors Mme Kong-Ndes a décidé d'organiser un atelier de formation des prothèses mammaires tricotées.
Soutenue par l’Ambassade de France au Gabon, l’initiative vise à former une première vague de bénévoles capables, demain, de transmettre à leur tour. Objectif : créer une unité locale et distribuer gratuitement ces prothèses dans les hôpitaux.
Ici, il ne s’agit pas seulement de coton et d’acrylique. Il s’agit de reconstruire une silhouette, une confiance. Maille après maille, redonner aux femmes opérées un peu d’elles-mêmes.
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