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Sport

Brice Mbika Ndjambou : "Avec le nouveau partenaire, il n'y aura plus d'interruption du championnat"

Brice Mbika Ndjambou, président de la Linafp

L'UNION • M. le président, nous ne pouvons pas débuter cet entretien sans évoquer l'accident qui a coûté la vie à l'ancien entraîneur de Bouenguidi Sport Albert Didoungou. Ne pensez-vous pas que ce drame aurait pu être évité ?

-Brice Mbika Ndjambou : Il faut d'abord noter qu'un accident, c'est quelque chose d'imprévisible, c'est quelque chose qui peut arriver à tout moment. Donc, personne ne peut aujourd'hui dire qu'on peut éviter un accident. Même lorsque vous ne vous y attendez pas, même à votre propre domicile, vous pouvez avoir un accident.

Et pour le cas évoqué ?

-Dans les conditions où s'est déroulé cet accident, oui, on pouvait l'éviter. Pourquoi ? L'équipe a joué à Oyem et devait absolument rallier sa base à Koula-Moutou car elle avait un match trois jours plus tard. Elle n'avait pas d'autre choix que de rouler la nuit pour arriver à temps à la gare de Ndjolé pour prendre le train. Donc, oui, quand on regarde le rythme du championnat, quelque part, on aurait pu l'éviter si nous avions seulement la possibilité de voyager dans le calme.

Jouer tous les trois jours était-ce une bonne idée ?

-Nous étions dans l'obligation de jouer tous les trois jours afin de rattraper notre retard. Le National-Foot a démarré le 7 mars pour se terminer la première quinzaine du mois de juin. Donc, le calendrier a été exécuté à un rythme, on va dire effréné. Les joueurs ont été sollicités, les équipes, les clubs ont dû mettre les bouchées doubles. La Linafp, qui a fait de même dans son organisation, a dû se mobiliser.

À notre avis, ce championnat a été lancé dans l'urgence avec notamment des clubs qui n'étaient pas prêts, des joueurs non qualifiés, des visites médicales réalisés avec beaucoup de retard, des stades pas aux normes…

-Mais ça fait combien d'années que le championnat démarre dans la précipitation ? Je ne pense pas que cela soit la première saison. Chaque année, nous avons toujours démarré le championnat dans la précipitation. Et d'ailleurs, vous vous souvenez, le terme qui a été évoqué à une certaine époque : "la dictature de l'urgence". Je crois que nous sommes toujours dans cette dictature de l'urgence. Le championnat n'a jamais démarré dans des conditions où on va se dire que nous avons 45 jours pour apprêter le lancement du championnat et tout organiser comme il se doit.

Et quelles en sont les raisons ?

-Pour des raisons simples : les moyens ont toujours été mis à la disposition une semaine, parfois 48 heures avant et parfois même nous démarrons sans ces moyens. Du coup, ça s'est toujours fait dans la précipitation. Mais pour cette saison, on ne va pas dire que les joueurs ont pris part à la compétition sans visite médicale. Non, ce n'est pas possible. Tout le monde a réalisé les visites médicales. C'est devenu quelque chose d'obligatoire et vérifié avant que l'équipe n'entre en compétition.

S'agissant des stades ?

-Pour ce qui concerne les stades, ce sont les mêmes stades qu'on utilise depuis longtemps. Vous avez vu qu'aujourd'hui, il y a une mesure qui a été prise pour suspendre deux stades qui ne répondaient plus aux normes. Ceux de Mouila et Lastoursville. Et nous sommes certains que la saison prochaine, nous allons jouer sur ces installations réhabilitées.

Quatre mois seulement de compétition. Le championnat gabonais est-il vraiment compétitif ?

-Oui, cette saison il a été compétitif. Car c'est seulement au terme du championnat que nous avons mis un nom sur le champion du Gabon. Si notre championnat pouvait faire l'objet de paris sportifs, je pense qu'il y aurait eu beaucoup de personnes qui auraient perdu parce que les grands clubs n'avaient plus la maîtrise totale de l'enjeu. Qui pouvait imaginer que l'USB pouvait aller battre Mangasport et Ogooué à domicile ? Au niveau de l'attractivité, oui, vous avez vu le public. Les matches ont été de bonne facture. C'était assez bien, c'était compétitif. Le seul regret, c'est qu'on a joué à un rythme effréné.

Quel était l'enjeu de terminer en juillet le championnat sachant qu'en septembre les Panthères entrent en compétitions avec notamment les éliminatoires de la CAN 2027 ?

-La question du calendrier de notre championnat pose un petit problème quand on le place sur le calendrier international. Le calendrier international, c'est du 1er juillet au 30 juin. Sur le plan international, les compétitions commencent généralement au mois d'août. Vous constaterez que les préliminaires, par exemple, des compétitions de la CAF, commencent au mois d'août. Mais le mois d'août correspond à quoi ? Le mois d'août au Gabon, en réalité, correspond à un mois de vacances, à un mois de fêtes, à un mois où, s'il fallait démarrer les compétitions, ce serait éventuellement un petit problème.

Les tops et flops de la saison écoulée !

-Nous sommes beaucoup plus satisfaits que déçus. Satisfaits parce que, je vous le dis, lorsque nous démarrions le 7 mars avec la formule d'une poule unique, nous étions très sceptiques. Jouer tous les trois jours, deux matchs par semaine sur près de trois mois, nonstop, en regardant nos moyens de communication, nos moyens de transport… aujourd'hui, le train n'est pas forcément une garantie. La voie terrestre ne présente pas toutes les garanties. Nous remercions la participation des clubs, les efforts des acteurs, que ce soit les footballeurs, les arbitres, chacun s'est mobilisé pour que nous respections ce calendrier. La satisfaction aujourd'hui aussi se situe surtout au niveau du public, ça a été extraordinaire. J'ai encore des images du dernier match à Port-Gentil. Ça ressemble à un match de Coupe d'Afrique. Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas vu autant de public au stade.

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Mais encore…

-L'aspect qui nous a quand même gênés pendant l'organisation, c'est la prestation des hommes en noir. Elle a été fortement décriée par beaucoup de clubs. Il ne se passait pas un match où on n'avait pas de retours. Nous avons reçu plusieurs lettres de contestation. Je pense que nous avons encore des efforts à fournir à ce niveau.

Au-delà de cette satisfaction, quels sont les mécanismes mis en place dans la gestion financière des clubs qui peinent le plus souvent à rémunérer leurs joueurs ?

-Les moyens financiers qui ont été mis à la disposition des clubs via le ministère des Sports n'ont pas souffert en termes de justification. Il y a eu une première partie qui a été mise à la disposition des clubs, puis une seconde tranche et avant cette étape, il fallait justifier l'intégralité des montants reçus. Ainsi que la preuve que les équipes payaient bien leurs joueurs. Pour la prochaine saison, il faut que les clubs apprennent à faire des reportings chaque mois. Et à la fin de la saison, chaque club aura l'obligation de trouver son auditeur pour auditer ses comptes. C'est seulement à cette condition que les clubs bénéficieront de la subvention l'année d'après.

La fin de la saison rime généralement avec les récompenses des acteurs. Qu'en sera-t-il cette saison ?

-Nous avons l'intention de l'organiser ce mois de juillet. Cette fois, la particularité, c'est que le public aura 40 % de choix, des intentions de vote, et 60 % seront laissés aux acteurs du football que sont les entraîneurs de clubs, les capitaines de clubs, et une presse sportive qui est sur le volet.

Monsieur le président, pour boucler cet entretien, à quand le coup d'envoi de la prochaine saison ?

-Le 10 octobre prochain. Nous avons finalisé vendredi dernier l'ensemble du dossier de la nouvelle saison avec la Gabonaise des Jeux qui va désormais financer le championnat. Notre calendrier est prêt. Le premier match opposera le CF Mounana à Mangasport. Ainsi, avec le nouveau partenaire, il n'y aura plus d'interruption du championnat.

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