Présenté à Libreville, Lundi, l’étude nationale sur les compétences financières et numériques, initiée dans le cadre du programme ''Financement numérique pour la résilience'', met en lumière les usages et inégalités d’accès au digital au Gabon. Conduits entre juillet et août 2025 par le Fonds d’équipements des Nations unies, les travaux ont été restitués en présence du ministre de l’Économie numérique, Mark Alexandre Doumba. Cette enquête constitue une première. Réalisée auprès de 1 601 répondants, allant de 18 à 74 ans (dont 48 % de femmes et 44 % de jeunes de moins de 35 ans, repartis sur les neuf provinces), elle indique, entre autres, que 86 % des personnes interrogées vivent en zone urbaine contre 14 % en milieu rural. Cette étude montre aussi clairement que les personnes en zone urbaine ont plus de compétences financières et numériques que celles vivant en zone rurale, selon une restitution de Manohisoa Boulier, responsable des programmes du Fonds.
En effet, les résultats de l'étude montrent que 83 % de personnes possèdent un téléphone, dont 68 % des smartphones. Et 95 % des personnes se connectent via leurs données mobiles et seulement 10 % ont une tablette ou un ordinateur en milieu rural. La fracture territoriale apparaît donc nettement. Les populations urbaines se distinguent par un usage plus fréquent et diversifié du numérique, notamment pour les transactions en ligne et l’accès aux services financiers, ainsi qu’une meilleure maîtrise des pratiques de sécurité.
À l’inverse, les zones rurales accusent un retard marqué. Faible connectivité, qualité de réseau inégale et d'autres aléas qui limitent l’accès et freinent les usages. À cela s’ajoute une méconnaissance des risques en ligne et des outils de protection. L’étude souligne aussi le rôle stratégique des jeunes, présentés comme ''un levier de transformation''. Plus connectés et enclins à adopter des solutions dématérialisées, ils pourraient accélérer la transition, à condition d’un renforcement ciblé de leurs compétences. Pour le ministre, l’amélioration des infrastructures et le projet de loi “Start-up Act”, encore en cours d'élaboration, doivent permettre de structurer durablement l’écosystème numérique national.
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