C'est officiel. Le prix Nobel de la Paix 2026 a été décerné hier à Oslo à la juriste sud-africaine Navanethem "Navi" Pillay, 85 ans, "pour ses efforts pour promouvoir la paix et le droit international".
Une figure majeure de la justice internationale, au parcours hors norme. Dans son communiqué, le Comité Nobel norvégien a salué son "courage" et son "intégrité exceptionnels", soulignant qu'elle a joué "un rôle déterminant pour garantir que les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et le génocide fassent l'objet de poursuites judiciaires".
Le Comité a voulu faire de ce prix un message politique fort à un moment où "le système du droit international est soumis à une pression considérable et ses institutions sont attaquées".
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"Nous assistons à un glissement vers une politique fondée sur les rapports de force, au détriment des cadres juridiques. Chaque fois que la force l'emporte sur le droit, la stabilité, la confiance et la coexistence pacifique sont fragilisées."
De l'apartheid à La Haye.
Née en 1941 à Durban, dans une famille d'origine tamoule indienne sous le régime de l'apartheid, Navi Pillay s'est imposée contre toutes les discriminations.
En 1967, elle devient la première femme à ouvrir un cabinet d'avocat dans la province du Natal et la première femme non blanche à siéger à la Haute Cour d'Afrique du Sud. Jeune avocate, elle a défendu des activistes anti-apartheid, dont Nelson Mandela.
Sa carrière internationale l'a aussi menée à assumer d’importantes responsabilités : Présidente du Tribunal pénal international pour le Rwanda de 1999 à 2002 ; Juge à la Cour pénale internationale (CPI) ; Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme de 2008 à 2014 ; Aujourd'hui juge à la Cour internationale de justice.
Le comité résume : "Un même fil conducteur relie ses premières années, lorsqu'elle défendait Nelson Mandela [...] à ses fonctions de juge dans certaines des grandes affaires judiciaires internationales de notre époque". Le dossier Gaza au coeur de la polémique. Âgée de 85 ans, Navi Pillay a notamment présidé la commission d'enquête indépendante de l'ONU qui a accusé Israël de commettre un génocide dans la bande de Gaza. Un rapport de 72 pages que l'État israélien avait qualifié de "scandaleux".
Elle a elle-même déploré avoir été qualifiée d'"antisémite" depuis et dénonce les appels à ce que les États-Unis la sanctionnent.
Peu après l'annonce, fidèle à son humour, elle a lancé sous les applaudissements à Nuremberg où elle participait à un sommet : "Si vous applaudissez plus fort, je partagerai peut-être le prix avec Trump".
Le prix, doté de 12 millions de couronnes suédoises (environ 711 millions de francs), lui sera remis le 10 décembre à Oslo. Elle succède à la Vénézuélienne Maria Corina Machado, lauréate 2025, et devient la première Sud-Africaine récompensée depuis Nelson Mandela en 1993.
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