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Société & Culture

Okala, Lac-Bleu, Diba-Diba : les démolitions, dès aujourd'hui !

Les populations ont récupéré ce qu’elles pouvaient avant le passage d’engins aujourd’hui

Ils s'appellent Obiang, Ngonga, Frédéric…: Comme eux, ils sont nombreux comme ça qui résidaient au Lac-Bleu depuis 20, 30, 40, voire 50 ans. Mais il y a quelques jours, on leur a annoncé qu'ils devaient s'en aller. Juste quelques jours. Pour laisser derrière soi des vies, des souvenirs et tout ce qui a été. En effet, dès ce mercredi 4 novembre, commencent les démolitions.

Hier, exactement comme ils ont construit leurs demeures pierre après pierre, ils les détruisaient de leurs propres mains pour tenter de récupérer tôles, cadres, portes ou baies vitrées. L'émotion était vive. Car "partir c'est mourir un peu". C'est réapprendre à se reconstruire.

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Comment se passe le départ de ces populations ? Sur le terrain, les situations sont contrastées. Au Lac-Bleu, plusieurs habitants rencontrés affirment n'avoir encore perçu aucune indemnisation. Certains disent devoir partir des lieux sans même savoir où ils passeront les prochaines nuits.

"On est comme dans un cauchemar", confient certains, qui voient leur famille contrainte de se disperser entre parents et amis. Pendant que d'autres dénoncent le délai imparti insuffisant pour libérer les lieux. "On nous dit de quitter avant d'avoir reçu l'argent", déplore un autre, qui dit devoir emprunter pour financer son déménagement.

Une situation qui contraste avec celle d'autres occupants rencontrés à Okala, où certains propriétaires affirment avoir déjà reçu leurs chèques, assortis de compensations foncières.

Une responsable de collectif évoque notamment une première phase de paiement et même une deuxième avec des terrains en cours de viabilisation. Elle estime toutefois qu'un délai supplémentaire aurait été nécessaire pour permettre aux familles de mieux s'organiser.

Toujours à Okala également, le dispensaire, est en train d'être désossé. La mosquée en face, aussi concernée par le projet, attendait patiemment son heure de destruction. Les fidèles musulmans pliaient les tapis lors du passage de nos reporters. Entre ceux qui attendent encore leur compensation et ceux qui l'ont déjà perçue, une même préoccupation : partir dans des conditions acceptables et reconstruire ailleurs.

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