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Société & Culture

Face aux agressions : filmer ou secourir ?

Les agressions à l’arme blanche deviennent monnaie courante dans notre pays. L’État doit agir

Au Gabon, face à un cas d'agression ou de détresse, certains témoins préfèrent désormais sortir leur téléphone pour filmer la scène, plutôt que de chercher à porter secours. D'autres – par peur de devenir la prochaine cible de l'agresseur –, choisissent de se tenir à distance. Entre crainte de représailles et course aux images destinées aux réseaux sociaux, la non-assistance à personne en danger devient une véritable question de conscience citoyenne.

Une problématique nationale. Car, comment comprendre que des victimes appellent au secours, mais on choisit d'observer, de filmer et, même, de commenter que de lui venir en aide. Si la peur d'une agression peut se comprendre, elle ne doit pas pour autant conduire, systématiquement, à l'inaction ou à l'indifférence.

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Alerter les forces de sécurité, contacter les secours ou solliciter l'aide d'autres personnes présentes peut sauver une vie. Filmer peut permettre de documenter les faits, mais ne devrait pas – au grand jamais – retarder une intervention salvatrice. Mais que dit la loi en cas de non-assistance à personne en danger ?

La législation gabonaise prévoit des sanctions. L'article 248 du Code pénal punit, en effet, la personne qui s'abstient volontairement de porter assistance à quelqu'un en péril, alors qu'elle pouvait le faire sans risque pour elle-même ou pour les tiers. Les peines encourues peuvent atteindre 5 ans d'emprisonnement et 1 million de FCFA d'amende. Ou l'une de ces deux peines seulement.

Face à ces comportements qui interrogent, le ministère de l'Intérieur et celui de la Justice sont interpellés, notamment sur la nécessité de renforcer les dispositifs sécuritaires, sensibiliser l'opinion et assurer une réponse judiciaire appropriée. Les Forces de police et la Gendarmerie ont aussi un rôle essentiel à jouer dans le signalement et le traitement de ces situations.

Il ne s'agit pas d'encourager les citoyens à affronter seuls l'agresseur, surtout lorsque celui-ci est armé, au péril de leur propre vie. Mais de rappeler que l'assistance peut prendre plusieurs formes. Alerter rapidement les secours peut parfois faire toute la différence. Au-delà des sanctions, une prise de conscience collective s'impose.

Les autorités et les acteurs de l'éducation citoyenne doivent multiplier les campagnes d'information pour rappeler au public ses obligations face à ce genre de situation, et encourager les comportements responsables. Bien entendu, il va de soi que face à une vie en danger, l'urgence n'est pas de filmer pour avoir une certaine "primeur" sur la toile, mais d'agir, dans la mesure du possible, pour éviter qu’un drame ne se produise et n'endeuille inutilement une famille.

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