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Faits divers & Justice

Contrefaçon de manuels scolaires : les Éditions Ntsame portent l'affaire devant la justice

L’ancienne gare routière de Libreville où se vendent librement les livres contrefaits.

Le 21 septembre 2026, un dossier de contrefaçon de manuels scolaires a été porté devant les juridictions de Libreville, à la suite d'une enquête menée par la direction générale de la Contre-ingérence et de la Sécurité militaire (DGCISM), encore appelée B2. Plusieurs vendeurs de nationalité camerounaise ont été interpellés puis remis en liberté provisoire, tandis que des scellés ont été apposés sur les établissements concernés. Le principal suspect, de même nationalité, identifié comme responsable de deux librairies situées près de la gare routière, aurait quitté le territoire avant l'interpellation de ses employés, nous renseigne une source proche du dossier.

Les ouvrages visés sont ceux de la Collection Concorde, des manuels scolaires édités par la maison gabonaise Les Éditions Ntsame. Conçus pour intégrer davantage l'histoire, la géographie et la culture gabonaises dans l'enseignement, ces manuels s'inscrivent dans la réforme des curricula lancée après le Dialogue national inclusif d'avril 2024. Les enquêteurs ont également découvert des ouvrages édités par le GIE Ediprint (Edig et Multipress-Gabon, en l'occurrence). Et cela en grande quantité.

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Selon la responsable des Éditions Ntsame, Sylvie Ntsame, des rumeurs sur la circulation de copies pirates couraient depuis la rentrée scolaire 2025-2026. La maison d'édition affirme avoir choisi d'attendre et de documenter les faits avant toute accusation publique. Une opération de vérification, menée le 10 septembre 2026 par l'intermédiaire d'un parent d'élève, aurait permis de repérer, dans plusieurs librairies, des exemplaires visuellement identiques aux éditions originales. Aussi bien à Libreville qu'à l'intérieur du pays.

L'éditeur affirme que ces ouvrages auraient été numérisés puis reproduits et vendus sans autorisation, dans des conditions donnant l'illusion aux acheteurs d'acquérir la version authentique. Les vérifications ont conduit vers des points de vente liés aux enseignes Voltaire et Voltaire Plus, dont le gérant, un ressortissant camerounais, est visé par la plainte.

Saisi par l'éditeur, le ministère de l'Éducation nationale, partenaire du projet Concorde, a transmis le dossier aux services d'enquête compétents, qui ont procédé à des saisies de livres et à l'interpellation de plusieurs vendeurs avant l'ouverture de la procédure judiciaire.

Au-delà de la perte financière, Sylvie Ntsame estime que cette affaire menace l'ensemble de la chaîne du livre : auteurs, illustrateurs, imprimeurs, distributeurs et libraires. Elle souligne que la contrefaçon prive ces professionnels de la rémunération de leur travail et fragilise les emplois liés à l'industrie éditoriale gabonaise naissante.

L'éditrice appelle, par ailleurs, à un renforcement durable des contrôles sur la commercialisation des oeuvres littéraires, ainsi qu'à une vigilance accrue des parents, des établissements scolaires et des libraires face à la circulation d'ouvrages contrefaits.

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