L'Union. Après une longue attente, le texte juridique encadrant les missions de la Médiature dont vous tenez les rênes a enfin connu son aboutissement. Un mot là-dessus ?
-Alexis Boutamba Mbina : L'adoption du nouveau texte régulant les missions et le fonctionnement de la Médiature de la République constitue une étape majeure dans l'évolution de cette institution. Elle traduit la volonté des plus hautes autorités de l'État, en tête desquelles le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, de renforcer les mécanismes de protection des droits des citoyens et de promouvoir une administration plus accessible, plus équitable et davantage à l'écoute des usagers. Cette réforme, disais-je, apporte une meilleure lisibilité des missions de la Médiature, consolide son cadre juridique et lui donne les moyens d'intervenir avec davantage d'efficacité dans la prévention et le règlement des différends entre les citoyens et les administrations publiques. En clair, cette adoption s'inscrit dans la dynamique de modernisation de la gouvernance publique et de restauration de la confiance entre l'administration et les administrés.
-En abordant justement l'aspect lié à son nouveau contenu, qu'est-ce qui a changé réellement en termes d'améliorations ?
-Ce qui a véritablement changé ? D'emblée et sans hésiter, je dirai que le nouveau texte modernise son cadre juridique, clarifie ses compétences et en précise les modalités de son intervention. Ce qui renforce évidemment la sécurité juridique de son action ainsi que la lisibilité de ses missions. Il améliore également les procédures de traitement des réclamations en les rendant plus efficaces, tout en favorisant une coopération plus étroite avec les administrations publiques. Cette évolution conforte la Médiature dans son rôle d'institution indépendante chargée de promouvoir le dialogue, de prévenir les conflits et de privilégier le règlement amiable des différends entre les citoyens et l'administration. L'ambition poursuivie est claire : offrir aux usagers du service public un recours plus accessible, plus réactif et plus efficace, afin de contribuer au renforcement de la confiance entre les citoyens et les pouvoirs publics.
Comment réagissez-vous au rétablissement de la Commission permanente et du Secrétariat général ?
-Il s'agit clairement d'une avancée institutionnelle notable. Ce rétablissement permet en effet à la Médiature de retrouver une organisation pleinement opérationnelle, à la hauteur des responsabilités désormais confiées. S’agissant de la Commission permanente, elle renforce la collégialité dans l'examen des dossiers les plus sensibles et participe à la qualité des avis et recommandations de l'institution. Quant au secrétariat général, il assure la coordination administrative, le pilotage des services, le suivi des recommandations et la continuité du fonctionnement de la Médiature.
Que traduisent, au final, ces réformes ?
-Au-delà de leur dimension organisationnelle, ces réformes traduisent la volonté des pouvoirs publics de doter la Médiature de la République, des moyens institutionnels nécessaires pour exercer pleinement sa mission de protection des droits, de médiation administrative et de promotion de la bonne gouvernance. Pour jouer un rôle de premier plan dans la consolidation de l'État de droit, l'amélioration de la qualité du service public et le renforcement de la confiance des citoyens envers les institutions.
Est-ce à dire qu'avec toutes ces innovations, le rôle de la Médiature sera mieux connu sur le terrain, et son action plus audible par l'opinion ?
-Le premier changement sera une plus grande proximité avec les citoyens. La Médiature entend renforcer sa présence sur le terrain, développer ses actions de sensibilisation et mieux faire connaître les droits des usagers du service public. Les citoyens doivent savoir que la Médiature est une institution d'écoute, de dialogue et de recherche de solutions. Elle n'est pas un tribunal, mais elle intervient pour favoriser des solutions équitables et apaisées dans le respect du droit et de l'intérêt général. Notre ambition est que chaque citoyen sache quand et comment saisir la Médiature et puisse bénéficier d'un traitement diligent, impartial et transparent de sa réclamation.
La Médiature, une institution pour les citoyens. C'est le message que vous adressez à ces derniers ?
-Tout à fait. Je leur rappelle que la Médiature de la République est leur institution, créée pour les accompagner et les protéger lorsque, dans leurs relations avec les administrations publiques, ils estiment que leurs droits n'ont pas été pleinement respectés ou que les principes d'équité, de justice ou de bonne administration n'ont pas été observés. Notre mission est d'être une passerelle entre le citoyen et l'administration, un espace de dialogue, d'écoute et de conciliation, où chaque réclamation est examinée avec impartialité, objectivité et dans le strict respect de la loi. La Médiature n'est ni une juridiction, ni un organe de sanction : c'est une institution de confiance qui privilégie la recherche de solutions équilibrées, le règlement amiable des différends et la restauration d'une relation apaisée entre l'administration et les administrés. J'invite donc chaque Gabonaise ou Gabonais, où qu'il se trouve sur le territoire national, à ne pas hésiter à saisir la Médiature de la République lorsqu'il rencontre des difficultés avec un service public ou lorsqu'il estime qu'une décision administrative lui paraît injuste, inéquitable ou contraire à ses droits...
... Il reste à convaincre l'administration, en général, à jouer le jeu.
-Voilà pourquoi je voudrais insister auprès de l'ensemble des administrations publiques, des collectivités territoriales, des établissements publics ainsi qu'auprès de tous les agents investis d'une mission de service public : la Médiature n'est pas un contre-pouvoir destiné à opposer l'administration aux citoyens, mais un partenaire institutionnel qui oeuvre, avec les administrations elles-mêmes, à l'amélioration de la qualité du service public, à la prévention des conflits, au renforcement de la transparence administrative et à la diffusion d'une véritable culture de bonne gouvernance.
Et pour conclure ?
-Dans le contexte de renouveau institutionnel que connaît notre pays, nous avons une responsabilité commune : celle de consolider l'État de droit, de promouvoir une administration exemplaire, respectueuse de la légalité, attentive aux attentes des usagers et guidée en permanence par l'intérêt général. C'est dans cet esprit que la Médiature, défenseur des droits, entend pleinement jouer son rôle, en favorisant le dialogue, la médiation et la recherche de solutions justes, équitables et durables. La confiance entre les citoyens et les institutions ne se décrète pas, elle se construit, jour après jour, par la qualité de l'écoute, le respect des droits, la transparence des décisions et le sens du service public.
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