C'est du moins ce qu'a rappelé hier, Désiré Ename. Journaliste et directeur de publication, il était le porte-parole de la corporation lors de la cérémonie solennelle de présentation des voeux au chef de l'État.
Infrastructures vieillissantes, conditions de travail précaires, budgets insuffisants, crise du papier, concurrence déséquilibrée du numérique et autocensure persistante affaiblissent le secteur. Des institutions "emblématiques" comme la Maison Georges- Rawiri, l’AGP ou l’IGIS illustrent cette dégradation.
"La presse a un rôle que les réseaux sociaux ne joueront jamais : donner du sens, fournir le fait recoupé, analysé, vérifié, commenté", a soutenu Désiré Ename. "Que deviendrions nous si un matin, L’Union cessait de paraître ?", a-t-il interrogé.
Face à ces maux, les attentes sont précises. Désiré Ename a souligné qu'elles portent sur la réhabilitation des infrastructures, la sécurisation des financements, la modernisation des outils de production, la clarification du cadre juridique, notamment la contradiction entre dépénalisation dans le Code de la communication et maintien du délit de presse dans le Code pénal, une fiscalité adaptée aux réalités économiques des entreprises de presse. À cela s’ajoute la garantie d’une liberté éditoriale réelle.
Des signaux positifs nourrissent cependant l’espoir : dotations accordées aux médias publics, recrutement de personnels de l’audiovisuel, réhabilitation des stations provinciales, création de Gabon 24 hors du palais présidentiel, relance d’Africa n°1, revalorisation de la subvention à la presse privée témoignent d’une volonté de rupture avec les pratiques antérieures. Pour les journalistes, ces avancées doivent désormais s’inscrire dans la durée et s’accompagner d’une montée en exigence professionnelle.
L’enjeu est de transformer les intentions en réformes durables pour faire de la presse gabonaise un véritable pilier de la République.
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