Au lendemain du naufrage de la plateforme auto-élévatrice Borr Prospector 5 sur le permis Dussafu Marin, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, est allé à la rencontre des rescapés, hier, à Port-Gentil. Un moment de forte émotion et un discours de fermeté.
Le bilan s'est alourdi. Samedi 24 octobre 2026 à 20h37, alors que le rig Prospector 5, loué par BW Energy Gabon à Borr Drilling, effectuait ses opérations de pré-chargement avant de se mettre en position sur l'installation de production MaBoMo, au large de Mayumba, l'un de ses pieds a flanché. Le rig s'est couché puis a sombré.
À bord, 115 personnes. 110 ont été évacuées saines et sauves grâce à l'application immédiate des procédures d'urgence. Un corps sans vie a depuis été repêché. Quatre collègues restent portés disparus. Les recherches se poursuivent sans interruption avec la Marine nationale. Des 110 rescapés, 100 ont rallié la capitale, hier en fin de matinée, les 10 autres sont attendus ce mardi. Le moteur de leur bateau aurait, selon l'entreprise, connu une avarie. Le nouveau bilan fait donc état de 1 mort et 4 disparus. 6 personnes ont été blessées et ont été immédiatement prises en charge dans une clinique.
Face aux rescapés qu'il a rencontrés à la base navale Nazaire-Boulingui, le chef de l'État a d'abord voulu porter la parole de la Nation. "Je suis venu ici aujourd'hui, non pas seulement comme président, mais comme Gabonais, comme votre frère. La Nation entière a tremblé avec vous samedi soir. À vous, les 110 rescapés, je dis bravo. Vous avez gardé votre sang froid. Vous avez appliqué les procédures qui ont sauvé des vies. La Nation vous est reconnaissante", a-t-il déclaré. Puis, s'adressant aux familles dans l'épreuve, le ton s'est fait plus grave : "À la famille de notre frère qui nous a quittés, et aux familles de nos quatre frères toujours recherchés en mer, je veux dire : vous n'êtes pas seules. L'État gabonais est à vos côtés. J'ai demandé que chaque famille soit prise en charge, accompagnée, informée en priorité et avec la plus grande dignité."
TRIPLE EXIGENCE•
Le chef de l'État a ensuite fixé sa ligne en trois exigences non négociables.
Un : la poursuite des recherches. "J'ai donné des instructions fermes à la Marine nationale pour qu'elle renforce tous les moyens avec BW Energy et Borr Drilling. Nous ne nous arrêterons pas."
Deux : la vérité. "J'ai ordonné que l'enquête technique fasse toute la lumière sur ce pied qui a flanché. Je m'engage devant vous, les conclusions seront rendues publiques. Il n'y aura pas de zone d'ombre."
Trois : la sécurité et l'environnement. "La production à MaBoMo restera à l'arrêt tant que la sécurité n'est pas garantie à 100%. Je veille à ce que notre littoral et notre joyau, le Parc national de Mayumba, soient protégés. Aucun rejet n'est constaté, mais la surveillance sera totale."
Il a conclu par une phrase qui restera gravé dans les mémoires : "Le Gabon est un pays pétrolier depuis plus de 65 ans. Mais le pétrole ne vaudra jamais plus qu'une vie gabonaise. Que Dieu protège nos disparus et qu'il vous garde !"
Sur le terrain, les équipes partagent cette résilience, entre appel au calme contre les rumeurs et temps de prière pour les disparus. La cellule de crise interministérielle reste activée à Libreville.
Le président était accompagné des ministres de l'Environnement, des Affaires sociales, du Travail, de l'Intérieur et des Affaires étrangères.
Pour rappel, le premier bilan communiqué, dimanche 25 octobre, par Emmanuel Eyeghe Nze, ministre du Commerce et porte-parole du gouvernement, faisait état de cinq disparus. Mais aussi que les recherches se poursuivent, notamment avec la mise à contribution de trois hélicoptères qui survolent la zone et le littoral.
Mieux, des ROV, engins sous-marins téléopérés, doivent explorer les fonds et la plateforme immergée. En plus de ce que la Marine congolaise participe aux opérations, à la suite d'un échange entre le président Brice Clotaire Oligui Nguema et son homologue Denis Sassou Nguesso.
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