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Faits divers & Justice

Magistrature : des radiations et des suspensions !

Palais de Justice de Libreville

Rares sont les Conseils supérieurs de la magistrature (CSM) qui suscitent l'intérêt des populations comme celui qui a siégé en Conseil disciplinaire, mardi dernier. Nombreuses seraient les figures du corps judiciaire qui auraient été radiées ou suspendues pour de multiples raisons.

Au-delà des interprétations, il faut préciser que cette session du CSM n'était composée que des magistrats. En effet, en matière disciplinaire, ni le président de la République, ni le ministre de la Justice ne prennent part au CSM. L'ombre d'un doute sur l'intervention qui pourrait être imputée à l'Exécutif disparaît à l'examen de cette composition exclusive par des magistrats. Et les raisons qui leur ont permis de statuer sur la nature des fautes commises seraient diverses. Du moins, de ce que l'on sait, ils seraient plus d'une dizaine de magistrats pris sur des faits bien précis qui auraient vu le châtiment d'une justice dont ils ont été, pour la plupart, des maîtres d'orchestre dans son fonctionnement des années durant, et à toutes les échelles de la hiérarchie de ce corps, s'abattre sur eux.

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De ce fait, la révocation ou la suspension d'un magistrat est toujours prononcée en cas de faute disciplinaire grave ou de manquement caractérisé aux devoirs de sa charge. Ce qui aurait été reproché aux magistrats radiés tiendrait de ce qu'ils auraient été pris la main dans le sac des atteintes à l'éthique et à la probité. C'est dire que ces magistrats sanctionnés étaient probablement mis à l’index pour des actes contraires à l'éthique de leur métier comme la corruption, la concussion ou encore des malversations financières, etc. Au lieu d'inscrire leurs fonctions dans le cadre de l'éthique d'une profession qui appelle au respect des normes, ils auraient manifestement décidé de braver les lois dont ils sont pourtant les garants.

D'autres raisons auraient été évoquées dont les violations des libertés individuelles, notamment le maintien de citoyens en détention sans titre régulier ou dépassement volontaire des délais légaux de garde à vue. Des situations qui ont souvent défrayé la chronique autant dans l'univers judiciaire qu'en dehors. Alimentant, à tort ou à raison, la collusion entre le politique et le judiciaire. Comme dirait un vieil adage, "Tout juge corrompu discerne mal la vérité." Un choix de discernement motivé par d'autres intérêts personnels.

Que dire sur l'opacité qui entoure le compte rendu officiel de cette réunion qui fera pourtant date ? Toujours attendue, l'absence de ce ''précieux'' document a ouvert la porte à de nombreuses fuites sur l'identité des révoqués et des suspendus (lire ci-dessous). Un silence qui interroge sur les motivations de certains. Faut-il encore rappeler que lorsque vous refusez de communiquer, les autres le font pour vous. Et souvent maladroitement. L'idée d'une justice qui se tait sur ses propres décisions l'éloigne de sa mission qui est d'être rendue pour et au nom du peuple. Se taire, c'est donc le sevrer des informations pour lesquelles il est concerné au premier chef.

Dans tous les cas, parmi les magistrats cités par rapport aux sanctions, plusieurs confrères insistent sur certains noms. Entre autres, Eddy Narcisse Minang, ancien procureur général de la République près la Cour d'appel de Libreville et Bruno Obiang Mve, ancien procureur de la République près le tribunal de première instance de Libreville. Le premier serait revoqué, et le second suspendu.

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