L'église évangélique du Gabon semble naviguer en eaux troubles. Les lendemains du Synode national organisé du 3 au 9 août 2026, à l'effet de désigner son nouveau directoire, ne sont pas de tout repos. Et bien que les assises se soient tenues "selon les règles qui régissent l'EEG", un communiqué du ministère de l'Intérieur, en date du 15 août, est venu suspendre à titre conservatoire ce directoire.
Hier, pour mettre les choses au point et exercer ce qu'il a appelé son droit de réponse, le "collectif du peuple chrétien de l'EEG" a organisé un point de presse à Baraka-Mission. La déclaration lue par l'ancien d'église Simon Obiang Akué a qualifié la décision du ministère de l'Intérieur d'"ingérence dans les affaires internes de l'Église".
Pour le collectif des chrétiens, le Synode national s'est déroulé dans le respect des textes de l'église. Après plusieurs tentatives de consensus entre les candidats à la présidence du Conseil national, les dispositions de l'article 55 de la Constitution de l'église auraient été appliquées. Le révérend Moïse Ovono Megne ayant maintenu son refus de l'élection, le révérend Jean Daniel Allogo Essimengane aurait finalement été élu par plébiscite, avant d'être installé au terme des travaux.
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"Les travaux se sont achevés par l'élection régulière et l'installation solennelle", soutient l'ancien Obiang Akué qui réfute également l'argument des risques de "troubles à l'ordre public". Le Synode s'étant "déroulé sans désordre et en présence des représentants d'autres confessions et organisations religieuses".
Le collectif dénonce par ailleurs l'intervention de la police dans l'enceinte de l'Église. "Les Forces de police ont usé abusivement de pouvoir pour pénétrer le site du siège de l'EEG jusqu'à rentrer au temple pendant le déroulement des travaux, alors qu'il n'y avait aucun trouble", affirme le porte-parole.
Sur ce, le collectif dit soupçonner une implication de l'État dans le processus de désignation du nouveau président. Simon Obiang Akué affirme que le pasteur Moïse Ovono Megne aurait déclaré que sa candidature bénéficiait du soutien de l'État.
Aujourd'hui, au-delà de la bataille institutionnelle, c'est la crainte d'une crise durable qui inquiète désormais les fidèles. "Laisser les chrétiens se gérer", lance un fidèle.
Face à cette situation, le collectif sollicite la sagesse du chef de l'État, Brice Clotaire Oligui Nguema, afin de ramener "la sérénité et la paix" au sein de l'EEG.
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