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Provinces

Franceville : À Potos, l'incivisme commercial met la santé des consommateurs en danger.

Marché potos de Franceville

Le spectacle est devenu si habituel qu'il finit presque par paraître normal. Chaque fin d'après-midi et durant les week-ends, le grand marché de Potos déborde largement de son enceinte. Les parkings, les trottoirs et parfois même la chaussée sont envahis par des commerçants qui abandonnent leurs boxes et leurs étals pour exposer leurs marchandises à même le sol, au mépris des règles élémentaires d'hygiène et d'occupation de l'espace public.

Cette situation est d'autant plus incompréhensible que la municipalité de Franceville a consenti d'importants efforts pour améliorer les conditions d'exercice des commerçants. Après la réhabilitation du marché, par les plus hautes autorités du pays, ce marché est devenu  l'un des plus modernes du pays, les tarifs des boxes et des étals ont été réduits de 50 %, par le maire actuel de Franceville, afin de soutenir les petits opérateurs économiques. Pourtant, une partie des bénéficiaires préfère continuer à exercer en dehors des espaces aménagés.

Les conséquences sanitaires d'une telle pratique sont loin d'être anodines. Poissons fumés, feuilles de manioc, Nkumu , bananes, légumes et autres denrées alimentaires sont exposés au bord de la route, voire au-dessus de fosses septiques, directement soumis à la poussière, aux gaz d'échappement, aux insectes et à toutes sortes de souillures liées à la circulation et à l'environnement urbain. 

Même les vêtements de friperie restent exposés à cette pollution permanente. Sans conclure que ces produits sont systématiquement impropres à la consommation ou à l'usage, ces conditions d'exposition augmentent objectivement les risques de contamination et soulèvent de réelles préoccupations en matière de santé publique.

Au-delà de l'aspect sanitaire, cette occupation anarchique traduit un manque de civisme et un non-respect des engagements liant les commerçants à la mairie. 

Malgré les multiples rappels à l'ordre des autorités municipales, le phénomène persiste depuis plusieurs années, au point d'avoir résisté aux différentes équipes qui se sont succédé à la tête de la commune. Le bras de fer entre les commerçants récalcitrants et la municipalité semble désormais installé dans la durée.

L'argument avancé par certains vendeurs est connu : la rue attirerait davantage de clients. Mais ce gain commercial immédiat peut-il justifier la mise en danger potentielle des consommateurs, l'occupation illégale des parkings, les difficultés de circulation et l'image dégradée de la ville ? Les automobilistes peinent souvent à se garer, tandis que des produits exposés sur les voies de circulation peuvent être accidentellement écrasés par les véhicules.

Conscient de ces préoccupations, le maire de Franceville, Fernand Paulin Joumas dit Salamba, a engagé une étude destinée à évaluer le niveau de pollution de l'air dans la zone de Potos. Une démarche qui témoigne de l'importance accordée à cette problématique.

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La responsabilité incombe certes aux commerçants, mais également aux consommateurs. En privilégiant l'achat de produits vendus dans ces conditions, ils entretiennent indirectement une pratique pourtant dénoncée depuis des années. Le civisme est une responsabilité partagée.

À l'heure où un nouveau marché moderne s'apprête a être livré à Mingara, dans le 4ᵉ arrondissement, l'espoir est que les erreurs observées à Potos ne s'y reproduisent pas. 


Les investissements publics n'ont de sens que s'ils s'accompagnent d'un changement durable des comportements. Car au-delà du commerce, c'est la santé des populations et le respect de l'intérêt général qui sont en jeu.

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