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Politique

Feuilles de route : un test grandeur nature pour le gouvernement

Gouvernement du Gabon

Dans le sillage du vice-président, Hermann Immongault, lundi dernier, les membres du gouvernement défilent à rythme soutenu sur le plateau de Gabon 24, dans l'émission "Le gouvernement s'exprime", pour décliner leurs feuilles de route.

Après la ministre d'État à la Défense nationale, Brigitte Onkanowa, la veille, ses collègues de la Santé, Pr Elza Ayo-Bivigou, de l'Économie, Thierry Minko, des Travaux publics, Edgard Moukoumbi, et de la Justice, Augustin Emane, se sont pliés à cet exercice hier. Un exercice qui, au-delà de la dimension pédagogique affichée, vise d'une certaine manière à rassurer les populations en attente de réponses concrètes face aux urgences sociales, économiques, sécuritaires, d'accès à l'eau et à l'électricité, etc. Reste qu'au-delà des annonces souvent croustillantes, ce n'est qu'à l'épreuve du terrain que seront véritablement jugées toutes ces ambitions.

Les cent jours constituent donc, pour ainsi dire, un test grandeur nature de la capacité du gouvernement à transformer la parole publique en résultats tangibles. D'autant plus qu'un point d'étape des trente (30) premiers jours est également à l'ordre du jour. C'est dire que l'avenir de cette équipe gouvernementale, tout au moins celui de ses membres, pourrait dépendre en grande partie de leur capacité à tenir ou non leurs promesses, une évaluation tant attendue au terme de cette période.

Avec ceci que tout échec reviendrait à trahir le pacte moral et politique pris visà- vis du chef de l'État et de la Nation. Ce qui pourrait déliter davantage le lien entre les gouvernants et gouvernés, tout en accentuant le climat de tension sur le front social et la méfiance envers les institutions. Car, en effet, au-delà de leurs aspects techniques et administratifs, les feuilles de route constituent à l'évidence des engagements envers les Gabonais et, au premier chef, envers le président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema.

Lequel, le 5 janvier dernier, lors du Conseil des ministres, avait clairement fixé le cap en insistant sur l'obligation de concentrer l'action gouvernementale sur les "problématiques qui affectent directement le quotidien des Gabonais" en se fondant sur "le pilotage stratégique, la redevabilité et la culture des résultats". L'objectif étant, avait-il souligné, de faire en sorte que l'État redevienne "efficace, crédible et respecté".

Les enjeux sont donc énormes. Les membres du gouvernement sont ainsi les maillons essentiels d'une dynamique visant à rompre avec un certain nombre de pratiques qui, par le passé, ont entravé la marche en avant de notre pays. Érigée sur le socle de la dignité des citoyens, l'exemplarité, le respect de la parole donnée, la satisfaction de l'intérêt général, etc., la Ve République ne saurait tolérer des ministres qui se complaisent dans des déclarations d'intention à tout va plutôt que dans des réalisations concrètes sur le terrain.

Toute chose qui devrait avoir une incidence significative sur le comportement des membres du gouvernement. Et les inciter à être davantage portés dans l'action que de se livrer, le plus clair de leur temps, comme plusieurs de leurs prédécesseurs, à la recherche des moyens pour conserver leurs strapontins.

En tout cas, à l'heure des comptes, les excuses devraient être difficilement admises.

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