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Société & Culture

Fête des cultures : le pari réussi de la réappropriation !

Un instantané de la fête des cultures à Jean Paul II

Les lampions de la 15e édition de la Fête des cultures ouverte officiellement vendredi 21 août, avec en premières de cordée les provinces de l'Estuaire, du Haut-Ogooué et du Moyen-Ogooué, se sont éteints hier à l'issue d'une dernière levée qui réunissait les provinces de l'Ogooué-Lolo, de l'Ogooué-Maritime et du Woleu-Ntem, après celles de la Ngounié, de la Nyanga et de l'Ogooué-Ivindo la veille (samedi).

Sous le thème : "Réappropriation de nos valeurs culturelles", la fête aura été belle sous toutes ses formes culturelles. À croire que le ministre du Rayonnement culturel, Paul Ulrich Kessany, et ses équipes avaient le "topo" pour réussir ce pari. Est-ce la petite visite rendue, en amont, à l'ancien maire de Libreville, Paul Mba Abessole, l’initiateur du concept en 1997 ? C'est tout comme !

En tout cas, l'animation, la transmission et l’immersion intergénérationnelle étaient bien au rendez-vous. La forte implication des chefs coutumiers et des sages des neuf provinces en témoigne. Dans les ateliers comme dans les démonstrations de danses traditionnelles, notamment le Ndjembe, l’Ikoku…, les jeunes spectateurs n’étaient plus seulement là pour regarder : ils ont appris, essayé, dansé. Bref, ils sont devenus, le temps de quelques heures, acteurs de leur patrimoine.

Et puis il y a eu au 2e jour (samedi), le bal des anciens. Une idée de génie ? Peut-être bien. Poser sur la scène d’anciennes gloires de la musique gabonaise pour une balade dans le temps. De Hilarion Nguema à Martin Rompavet, en passant par Aziz Inanga, Pauline Paska, Dominique Douma et bien d’autres, les années 80 ont retenti sur l’Avenue Jean-Paul II. Des générations parfois trop jeunes pour les avoir connus ont pourtant applaudi leurs chansons. Comme quoi, certaines mélodies traversent les générations.

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Autre image forte de ces trois jours : les tenues traditionnelles. Parures, écorces et pagnes des différents peuples du Gabon ont investi les lieux, comme pour remettre l’esthétique locale au goût du jour. Même chose pour les langues locales, largement entendues dans les chants et les échanges. Car avant même de raconter une culture, il y a la langue pour la porter.

À la rue des saveurs, les produits et les mets du terroir se sont , eux aussi, donnés à déguster. purée de manioc, de taro, d'igname et de maïs ; mais aussi des boissons traditionnelles et autres spécialités ont rappelé que la culture passe aussi par l’assiette et les goûts de chacun.

Puis il y avait la rue des artisans. Sculpture sur bois, vannerie, tableaux, pharmacopée traditionnelle… Ici, les savoir-faire ancestraux n’étaient pas seulement exposés. Ils étaient montrés, expliqués et, surtout, remis en valeur. Comme pour rappeler que le patrimoine peut aussi avoir une valeur économique.

Et parce que se réapproprier ses valeurs ne signifie pas s’isoler, le Sénégal, pays invité d’honneur, a apporté dans ses bagages ses boubous, sa gastronomie et ses traditions. Mais par-dessus tout, le pays de "La Téranga" a exporté sa lutte traditionnelle. Sur du sable, à l'école publique Martine Oulabou, ses lutteurs aux physiques impressionnants se sont affrontés sous les cris et les applaudissements nourris d’une foule conquise.

La fête s’est terminée hier. Mais durant ces trois jours, que n’a-ton pas vu ? Des photographes de rue. Des visiteurs s’initiant à la lutte traditionnelle sénégalaise. Des curieux goûtant au vin de canne – le fameux "Mussungu" – ou découvrant le python ou boa. Des touristes d’ici et d’ailleurs mêlés aux habitués de l’avenue Jean-Paul II. Des jeunes dansant au rythme des musiques d’ici et du Sénégal. Des visiteurs saluant le musicien ivoirien Asalfo, échangeant quelques mots avec l'ancien international sénégalais El Hadj Diouf ou partageant un sourire avec le vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier.

Et ce n’est pas tout ! Car trois jours durant, la culture s’est donnée à voir, à entendre, à goûter et même à toucher. Les 9 provinces, 3 par jour, ont fait résonner leurs expressions culturelles.

Le Sénégal a apporté les siennes. Les anciens ont retrouvé leur scène. Les plus jeunes ont découvert, appris et parfois essayé. C’était peut-être cela, la réappropriation ou retrouver ce qui nous appartient, le faire vivre et le transmettre, sans fermer la porte à ce que les autres viennent partager.

À quoi aura-t-on droit l’année prochaine ? Croisons les doigts pour que la 16e édition soit plus riche et plus faste que cet acte 15.

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