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Société & Culture

Education : Ce que fait l’Éxecutif pour sauver l’école

Laurence Ndong, ministre de la fonction publique

Au coeur de la crise qui paralyse depuis plus d'un mois maintenant le système éducatif gabonais, l’Exécutif a choisi le terrain de la clarification. Pour preuve, jeudi dernier, lors d'une émission télévisée sur Gabon 1re, la ministre de la Fonction publique et du Renforcement des capacités, Laurence Mengue Me Nzoghe-Ndong, et le ministre délégué chargé du Budget, Marc Abeghe, ont présenté, chiffres à l’appui, les efforts consentis par le gouvernement face aux revendications nombreuses et légitimes des enseignants.

D’entrée, le ton se veut apaisé. Enseignante de formation, promotion 1996 de l'École normale supérieure (ENS), la ministre de la Fonction publique rappelle son propre parcours, marqué par les réalités du terrain. Entre autres, les effectifs pléthoriques et un début de carrière sans privilèges. Un rappel destiné à souligner que les difficultés actuelles ne lui sont pas étrangères.

Pour autant, la ministre refuse toute logique de confrontation. Certes les revendications sont jugées légitimes, mais elles ne sauraient justifier une paralysie durable de l’école, encore moins une année blanche dont les premières victimes seraient les élèves. Malgré eux.

Le gouvernement défend ainsi une approche fondée sur la responsabilité partagée. D'abord celle de l’État, qui reconnaît une dette sociale accumulée au fil des années. Expliquant que la loi de finances 2026 prévoit la régularisation de 12 000 situations administratives, dont 4 000 pour les enseignants, avec une première vague attendue dès le 25 février 2026, pour un coût de 16 milliards de FCFA pour le seul secteur de l’Éducation. Responsabilité des partenaires sociaux ensuite, en ce qu'ils sont appelés à inscrire leurs revendications dans un cadre compatible avec les équilibres budgétaires, alors que la masse salariale de l’État atteint déjà les 959,7 milliards de FCFA.

Une responsabilité collective, car l’Exécutif insiste sur la nécessité de préserver l’année scolaire et d’éviter une rupture irréversible du système éducatif. La reprise progressive des cours, déjà engagée dans certains établissements, est encouragée et vue comme un signe de bonne foi des partenaires sociaux. Autrement dit, un levier de sortie de crise. "Sauver l’école" devient alors un impératif qui dépasse les postures et les rapports de force dont il faut parfois savoir se départir devant certaines situations lorsque le bon sens s'impose.

En filigrane, l’émission aura aussi mis en lumière les fragilités structurelles de la Fonction publique, chargée de gérer près de 59 000 agents, dont 27 000 à l’Éducation nationale, avec des moyens humains et matériels limités. Une réalité qui impose, selon le gouvernement, une réforme en profondeur et une gestion plus rigoureuse, loin des pratiques du passé.

À travers ce “Plateau spécial”, l’Exécutif reconnaît et assume certaines contraintes, mais refuse les solutions de facilité. Une tentative d’équilibre délicate présentée comme la seule voie possible pour sortir durablement de la crise actuelle et préserver l’avenir de l’école gabonaise. C'est-à-dire celui de nos enfants qui ne méritent pas d'être sacrifiés sur l'autel de l'intransigeance.

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