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Société & Culture

CAMES : vers une souveraineté scientifique africaine

Ouverture des travaux du Conseil des ministres du CAMES au palais des Congrès

Après deux jours de travaux préparatoires des experts, les ministres de l'Enseignement supérieur et de la Recherche des pays membres du CAMES ont entamé leurs assises hier, au palais des Congrès Omar Bongo Ondimba.

En amont, des experts venus de 17 pays – sur les 19 qui en sont membres – avaient examiné plusieurs dossiers stratégiques destinés à orienter les décisions de la 43e session du Conseil des ministres qui se tient.

Parmi les sujets abordés figuraient le rapport d’activités du secrétariat général, les états financiers, le projet de budget 2027, la stratégie de redynamisation de la recherche, la création d’une académie virtuelle du CAMES, ainsi que l’impact de l’Intelligence artificielle (IA) sur les procédures d’évaluation académique. Les recommandations formulées par les experts ont servi de base aux discussions ministérielles.

En ouvrant les travaux ministériels, le ministre gabonais de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Charles Edgar Mombo, a insisté sur la nécessité de renforcer un espace académique africain capable d’accompagner les transformations économiques, technologiques et sociales du continent.

Selon lui, cette session intervient dans un contexte marqué par de profondes mutations des systèmes de formation et de recherche. Il a salué les avancées enregistrées dans la mise en oeuvre du Plan stratégique de développement du CAMES 2024-2028, notamment en matière de gouvernance, d’éthique, d’assurance qualité et de coopération scientifique.

Parmi les réalisations mises en avant figurent également le renforcement des mécanismes d’évaluation des enseignants-chercheurs , l’amélioration des procédures d’accréditation ainsi que la poursuite des actions visant à harmoniser les standards académiques au sein de l’espace CAMES.

Mais au-delà du bilan institutionnel, c’est un message plus profond qui a marqué cette session. Présidente sortante du Conseil des ministres du CAMES, la ministre guinéenne de l’Enseignement supérieur, Diaka Sidibé, a plaidé pour une Afrique qui croit davantage en ses propres capacités intellectuelles. Pour elle, le continent dispose des ressources humaines et scientifiques nécessaires pour produire ses solutions et répondre à ses défis sans dépendre systématiquement de l’extérieur. Revenant sur l’esprit fondateur du CAMES, créé en 1968 à Niamey (Niger), elle a rappelé que l’institution avait été pensée comme un instrument d’intégration académique et scientifique au service du développement des États africains. Une mission qui demeure d’actualité à l’heure où les universités sont confrontées aux défis de la transition numérique, du changement climatique et de la compétition mondiale pour l’innovation.

Les ministres ont également souligné la nécessité de rapprocher davantage la recherche des réalités économiques. Pour eux, l’excellence académique ne peut être dissociée de l’innovation, de la transformation des ressources locales et de la création de richesse.

L’objectif est de faire en sorte que les connaissances produites dans les universités contribuent davantage aux politiques publiques et au développement des pays membres.

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