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Société & Culture

Bizutage en milieu universitaire : un phénomène courant à éradiquer

Le bizutage commence depuis le portail et s’éternise dans l’enceinte.

L'on pensait aboli le bizutage ou sinon cantonné à de simples taquineries. Force est de constater, pour le déplorer, que le phénomène prend de l'ampleur et (re)jalonne le parcours académique des jeunes bacheliers.

En effet, dans certaines universités locales, pour franchir les portes des amphithéâtres, les étudiants doivent adopter un certain style vestimentaire dicté par leurs devanciers.

Pour les filles, obligation est faite de ne pas arborer de fantaisie capillaire. On leur impose "deux tresses" sur la tête, mais avec interdiction de porter les vêtements courts et modernes. Seules les tuniques et les jupes longues sont “autorisées”. Et quiconque désobéit se voit interdire l'accès aux salles de classe.

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“Dès mon premier jour, un groupe d'anciens m'a demandé de défaire les tresses que je portais et de changer mon habillement. Ils m'ont expliqué qu'ici, au département de Sciences économiques de l'UOB, on ne met que deux tresses sur la tête et qu'on ne porte que les longs vêtements. Dans le cas contraire, je ne pourrai plus assister aux cours", témoigne une étudiante inscrite en première année.

Les brimades ne s'arrêtent pas qu'aux portes des amphithéâtres. Une fois dans l'enceinte, les étudiants plus anciens s'organisent également pour saboter le bon déroulement des cours : brouhaha permanent, chants hostiles, cris collectifs sont délibérément orchestrés pour empêcher les nouveaux de suivre les explications des enseignants.

Pour éviter ce désordre ambiant, certains enseignants préfèrent dispenser leurs heures de cours en matinée, délaissant ou annulant purement et simplement ceux du soir. “Ils passent leur temps à faire du bruit en salle, criant, tapant sur les tables. Les enseignants ont même décidé de former deux groupes de cours. Et tant pis pour nous qui venons le soir car nous ne sommes pas bien suivis à cause du désordre qui prévaut souvent”, confie une autre étudiante de première année de médecine à l'université des sciences de la santé (USS) d'Owendo.

Il y a aussi des dérives isolées, à l'abri des regards : “Si vous allez vous plaindre à l'administration, vous verrez ce qu'il adviendra”, menacent les trublions.

Mais qu'est-ce qui peut expliquer ce phénomène ? Aux dires de certains “anciens”, le bizutage est un rite de passage obligatoire. Pour eux, chaque nouvel étudiant doit “échouer” et “reprendre” sa première année. Une mentalité pour le moins rétrograde. Transmission d'une souffrance inutile qui se perpétue malheureusement.

Et que fait l'administration pour éradiquer ces dérives ? L'on note une sorte d'impuissance. Preuve, malgré les plaintes répétées des parents indignés, le fléau persiste. Ce qui fait croire à un laisser-aller, à un laisser-faire. Voir à un silence complice.

Et cette passivité a des conséquences, car ceux des étudiants désabusés ou traumatisés par cet accueil indigne choisissent de fuir les universités publiques pour d'autres établissements, c'est-à-dire les universités et grandes écoles privées où le bizutage se fait très rare. Tandis que d'autres optent pour des études à l'étranger.

Face à cela, l'État doit être plus regardant. De tels agissements relevant d'un autre âge.

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