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Politique

L'Union à travers ses "UNES" - Mercredi 30 Août 2023 | Couvre-feu à 19 heures : la journée à 100 à l'heure !

L'Union à travers ses "UNES" - Mercredi 30 Août 2023 |  Couvre-feu à 19 heures : la journée à 100 à l'heure !

Le couvre-feu instauré depuis ce dimanche 27 août 2023 par le gouvernement dans le but de "prévenir tout débordement et préserver la sécurité de l'ensemble de la population" impacte considérablement les habitudes et le cours normal de la vie quotidienne tant à Libreville que dans l'arrière- pays. Et contrairement aux précédents couvre-feux liés à la pandémie de Covid- 19, celui-ci, justifié par le contexte électoral actuel, est bien particulier. Il entre en vigueur dès 19 heures jusqu'à 6 heures du matin. Et très peu de dérogations sont accordées. Juste à quelques rares exceptions près pour des secteurs essentiels et vitaux de nuit.

Conséquence : les journées sont drastiquement devenues courtes à Libreville. Certaines entités administratives ou économiques libèrent leurs personnels dès 14 heures, voire 13 heures pour certaines. Le temps de leur permettre de s'attraper un moyen de transport pour regagner leurs domiciles. "Notre patron nous laisse partir dès 13 h 30", nous renseigne l'employée d'une boulangerie-patisserie du centre-ville. Et dès 15 heures, voire avant, la plupart des commerces de cette partie de la capitale, et ailleurs à travers la ville, baissent les stores et ferment leurs structures à double tour. Comme pour se mettre à l'abri d'une paranoïa qui semble s'emparer d'une ville dans l'attente des résultats des élections générales, particulièrement de la présidentielle.

Même les marchés et grandes surfaces commerciales ont dû adapter leurs horaires et mode de fonctionnement au x contraintes liées à l'heure du couvre-feu. Commerçant au marché Mont-Bouët, M. B, avoue fermer sa boutique dès 16 heures pour regagner à temps son habitation située dans le nord de Libreville. Une zone réputée, déjà en temps normal, pour ses embouteillages matinaux et en fin de journée, au retour des riverains.

Et dès 16 heures passées, une certaine frilosité s'observe à travers la ville : certains s'empressent pour acheter qui du pain, qui quelques provisions pour la maisonnée dans des espaces commerciaux encore ouverts mais qui ne vont pas tarder à fermer. Les taxis aussi commencent à se faire rares, à cette heure avancée de l'après-midi, redoutant les check-points visibles un peu partout sur les artères de la capitale.

" Depuis lundi, j'évite de prendre des clients qui vont loin dès qu'il est 17 heures. Je tourne généralement non loin de la maison, pour garer à 18 heures", nous confie un chauffeur de taxi urbain qui habite Akébé-ville dans le 3e arrondissement. Un autre transporteur urbain avoue avoir été "pris" dans un checkpoint peu avant 19 heures "et depuis, je m'arrange pour garer assez tôt". C'est vraisemblablement aussi le cas pour tous ces automobilistes, des particuliers en général, qu'on voit appuyer sur le champignon à partir de 18 heures pour pouvoir regagner leurs domiciles à toute vitesse.

"Il faut qu'ils proclament vite et que la vie puisse reprendre son cours normal", lâche un cadre d'une administration de la place. Visiblement agacé par cette sorte de psychose qui semble s'installer dans le "jusqu'à nouvel ordre" de ce couvre-feu qui rappelle des douloureux souvenirs du Covid- 19.

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