Il y a peu, la Fondation Gertrude François de Wilma Sickout entamait le ''school tour sensibilisation'' dans les établissements scolaires de Libreville. Une campagne itinérante baptisée ''Caravane santé mentale'', menée auprès des élèves afin de briser le silence autour des souffrances psychologiques chez les adolescents.
Durant plusieurs semaines, des interventions ont été organisées dans les établissements autour d'échanges participatifs, de séances de psycho-éducation et d'espaces d'écoute animés par des psychologues et des techniciens en santé mentale. Témoignages, discussions interactives et entretiens individuels ont rythmé cette initiative pensée comme un cadre sécurisé de parole pour les jeunes.
Objectifs : sensibiliser les élèves aux enjeux de santé mentale ; déconstruire les idées reçues et la stigmatisation. Au-delà, il s'agissait aussi d'aider les élèves à reconnaître certains signaux d'alerte comme le stress, la dépression, l'isolement ou encore la souffrance psychologique. Mais également promouvoir le recours précoce à l'accompagnement psychologique et créer des espaces d'écoute dans les établissements scolaires. Une démarche inscrite dans une logique de prévention des conduites à risque et de promotion du bien-être psychologique chez les adolescents.
Pour Mme Sickout, ''L'adolescence constitue une période de grande vulnérabilité psychologique. Pourtant, beaucoup de jeunes disposent de peu d'espaces pour exprimer leurs difficultés''. L'école représentait donc ''un lieu stratégique de prévention''.
Au terme du périple, une dizaine d’établissements a été visitée pour environ 1200 élèves sensibilisés. Et au-delà des chiffres, les organisateurs retiennent surtout la forte participation des élèves et les nombreuses sollicitations pour des échanges individuels avec les psychologues après les séances.
Pour Wilma Sickout, cette caravane '' valait clairement le coup '', malgré certaines difficultés rencontrées sur le terrain, notamment l'absence d'électricité dans certaines salles ou encore la mobilité des élèves pendant les interventions. ''La caravane a permis de libérer la parole autour d'un sujet encore fortement stigmatisé '', souligne-t-elle, se remémorant un moment marquant avec cette déclaration d'un élève affirmant que '' la santé mentale est une maladie des blancs ''. Une phrase qui, selon la fondatrice, illustre l'importance de poursuivre ce travail de sensibilisation afin de déconstruire certaines croyances et rapprocher les jeunes des réalités psychologiques.
Après cette première expérience, la fondation entend poursuivre les interventions dans d'autres établissements, développer des plateformes d'accompagnement accessibles aux jeunes, notamment via WhatsApp, et renforcer les dispositifs d'écoute psychologique en milieu scolaire.
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