Aller au contenu principal
Faits divers & Justice

Insécurité en milieu scolaire : 21 élèves devant la justice

Élèves du lycée technique national Omar Bongo (LTNOB) de Libreville

L’onde de choc provoquée par le jet d’un cocktail Molotov au sein du Lycée technique national Omar Bongo (LTNOB) de Libreville, jeudi dernier, n’en finit pas de produire ses effets judiciaires. Ce mercredi, 21 élèves placés en garde à vue depuis lundi 16 mars sont déférés devant la juridiction des mineurs au parquet de Libreville, a confirmé une source judiciaire digne de foi. Une procédure engagée à une vitesse remarquable, moins de 48 heures après la diffusion virale de la vidéo de l’incident sur les réseaux sociaux.

Au total, ce sont 24 élèves qui ont été interpellés par les Forces de police nationale (FPN) dans le cadre de l’enquête ouverte par le parquet, rapidement saisi après la large diffusion des images de l’incident. Sur ces 24 mis en cause, 21 ont été entendus par les services de Police judiciaire (PJ) chargés de reconstituer les circonstances exactes de l’attaque. La vidéo, devenue virale en quelques heures, montrait un élève cagoulé pénétrer dans l’enceinte de l’établissement avant de projeter un engin incendiaire en direction des salles de classe, semant la panique parmi les apprenants présents.

La mobilisation des forces de l’ordre avait été immédiate. Dès le vendredi suivant les faits, les Forces de police d’intervention (FOPI) avaient été déployées à la demande du proviseur pour sécuriser les abords du lycée et contenir toute propagation des tensions au sein de l’établissement. Le maintien de l’ordre scolaire et la continuité des cours avaient ainsi pu être assurés dans un climat pour le moins précaire. Au-delà des poursuites pénales, les élèves impliqués font également face à des sanctions disciplinaires. L’administration scolaire a annoncé l’ouverture prochaine de conseils de discipline, susceptibles de déboucher sur des exclusions définitives de l’établissement, selon une source proche de la direction académique de l’Estuaire. Une double peine qui illustre la gravité des faits reprochés et la fermeté affichée des autorités face à ce type de violence en milieu scolaire.

L’enquête devra également établir les mobiles exacts de l’acte. Selon des sources concordantes, plusieurs des suspects interpellés auraient consommé des stupéfiants avant de passer à l’acte. Une piste qui éclaire d’un jour particulier le contexte de cet établissement. L’Académie provinciale Zone Estuaire a rappelé que le Lycée Omar Bongo accueille près de 3 300 élèves, auxquels s’ajoutent les effectifs du Lycée technique national de Libreville (1 200 élèves) et de l’Institut de technologie d’Owendo (1 100 élèves). Ce sont ainsi plus de 5 000 jeunes qui évoluent quotidiennement dans ce périmètre scolaire. Une concentration qui, selon l’Académie, attire des trafiquants de stupéfiants considérant cet espace comme un marché potentiel.

Les enquêteurs devront donc déterminer si l’auteur du jet de cocktail Molotov agissait sous l’emprise de stupéfiants, ou si cet acte s’inscrit dans des rivalités liées au trafic qui gangrène le voisinage de l’établissement. Les auditions en cours et les comparutions de ce mercredi devraient apporter les premiers éléments de réponse décisifs.

random pub

Chaine WhatsApp L'Union
L'Union 50 Ans
EDIG
image
Logo