L’ordonnance n°0011/ PR/2026 du 26 février 2026 marque un tournant majeur dans la régulation du numérique au Gabon. Parmi les innovations les plus commentées figure la fin progressive de l’anonymat sur les réseaux sociaux, désormais encadré par des obligations d’identification des utilisateurs.
Selon l’article 4 du texte publié au Journal officiel n°110 du 8 au 15 avril 2026, toute personne physique ou morale souhaitant utiliser un réseau social ou une plateforme numérique doit obligatoirement fournir des informations permettant son identification. Pour les personnes physiques, il s’agit notamment du nom, des prénoms, du domicile, du numéro de téléphone et, le cas échéant, du Numéro d’identification personnel. Les entreprises doivent également renseigner leur raison sociale, leur siège et leurs références d’immatriculation.
Cette disposition consacre un principe nouveau : l’utilisateur n’est plus un acteur anonyme de l’espace numérique, mais un citoyen juridiquement responsable de ses publications. Le texte renforce d’ailleurs cette logique à travers les articles 6 et 8, qui établissent la responsabilité de tout utilisateur pour les contenus diffusés ou même partagés lorsqu’ils sont jugés illicites.
Pour les autorités, l’objectif est clair : lutter contre la désinformation, les injures en ligne, l’usurpation d’identité et les campagnes de manipulation facilitées par les faux comptes. La mesure intervient dans un contexte marqué par la prolifération de contenus générés par l'Intelligence artificielle et de comptes anonymes influençant le débat public.
Toutefois, cette évolution suscite déjà des interrogations. Si la traçabilité numérique peut renforcer la sécurité et la responsabilité en ligne, certains observateurs s’inquiètent de ses implications sur la liberté d’expression, notamment pour les lanceurs d’alerte ou les citoyens critiques préférant s’exprimer sous pseudonyme.
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