Lors de la cérémonie d’installation du nouveau maire de Libreville, loin d’être protocolaire, le discours du ministre de l’Intérieur Adrien Nguema Mba a pris des accents de réquisitoire politique.
Il a été officiellement installé, dans ses fonctions, hier, par le ministre de l’Intérieur, Adrien Nguema Mba. Dans une cérémonie aux allures de rappel à l’ordre, le membre du gouvernement a adressé une mise en garde à peine voilée au Conseil municipal, appelé à taire querelles et ambitions personnelles. Face à une institution fragilisée, le nouveau maire promet rigueur, rassemblement et redressement.
L’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) a décidé de laisser derrière elle Pierre Matthieu Obame Etoughe. Après un mandat éphémère, le parti a choisi de donner sa chance à Eugène Mba, lui aussi ancien maire au parcours bref, pour diriger à nouveau Libreville. La nouvelle équipe aura désormais à prouver qu’elle mérite la confiance de leur formation politique et des Librevillois, en transformant cette opportunité en actions concrètes pour la capitale.
Le Parti démocratique gabonais (PDG) tente-t-il un coup de maître symbolique en voulant ressusciter la "Décennie de la femme" (2015-2025) lancée sous le régime déchu ?
Le débat sur la structuration du champ politique s’intensifie à mesure que se dessinent les recompositions entre majorité et opposition. Entre certains, comme Alain-Claude Bilie-By-Nze, qui plaident pour une coalition unifiée de l’opposition, le pouvoir qui s’emploie à consolider un bloc présidentiel, ou d’autres voix qui interrogent la nature du pluralisme politique en régime présidentiel avec Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi pour qui la notion d’opposition serait inopérante, Jean Rémy Yama plaide en faveur d’une “opposition forte”.
Le rejet du budget primitif de la commune de Libreville, le 9 avril, n’est pas seulement un épisode de gestion locale. Il pose une question : pourquoi l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), pourtant majoritaire au Conseil municipal, n’a-telle pas soutenu son propre maire, Pierre Matthieu Obame Etoughe ?
Dans un climat politique en recomposition, le Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM) a, le week-end écoulé, à son siège, réuni son premier séminaire national de l’année. Objectif : tirer les leçons des dernières consultations électorales et affirmer sans ambiguïté son ancrage dans la future majorité présidentielle.
Le rejet massif du budget primitif par le Conseil municipal de Libreville sonne comme un désaveu politique d’une rare intensité. Avec 142 voix contre, ce vote dépasse largement le simple cadre technique pour s’imposer comme un signal fort : celui d’une crise de confiance au sein même de la majorité.
Ce dimanche 12 avril, marquera un an jour pour jour depuis la présidentielle organisée dans le sillage des événements du 30 août 2023, qui avaient conduit à la chute d’Ali Bongo Ondimba et à l’ouverture d’une nouvelle séquence politique dans le pays.
Coup de théâtre à la mairie de Libreville où le conseil municipal a rejeté en bloc le budget primitif présenté pour la nouvelle mandature. Une situation pour le moins inhabituelle.