Le projet de loi de finances 2027 fait désormais l'objet des auditions des membres du gouvernement par les députés. Le fait aurait pu faire partie de ceux ayant marqué l'actualité de la semaine qui s'est achevée hier, et qui a été ternie par le drame consécutif au naufrage de la plateforme de forage autoélévateur "Prospector 5" au large de Mayumba. Mais nous avons préféré retenir deux autres sujets : la levée de la suspension des réseaux sociaux et la situation au Parti démocratique gabonais (PDG).
Après huit mois de suspension, la Haute autorité de la communication (HAC) a finalement décidé de libérer à nouveau les réseaux sociaux dans notre pays. Une mesure qui soulage autant que celle de la suspension avait dérangé en son temps. Et peut-être moins, d'autant que le "génie gabonais" avait permis de contourner ladite mesure grâce au VPN. Même si le service était d'une qualité inférieure. Dans tous les cas, cela a eu pour conséquence d'atténuer les effets de la suspension.
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Doit-on revenir sur les raisons qui ont poussé les pouvoirs publics à prendre cette mesure ? "L'accroissement du désordre informationnel à travers des fake news irresponsables et nauséabondes, dans le seul but de livrer des compatriotes et les institutions de la République à la vindicte populaire, ne pouvait plus continuer. Cela devenait un danger réel pour l'unité et la stabilité du pays", soutient avec pertinence le président de la HAC. On peut s'en contenter.
D'aucuns peuvent se demander ce qui va maintenant changer. Plusieurs choses et la plus fondamentale est le fait que désormais l'utilisation des réseaux sociaux au Gabon sera encadrée par des textes législatifs. La suspension a permis au gouvernement de prendre tous les textes qui faisaient défaut pour une meilleure régulation des réseaux sociaux et des plateformes digitales.
Tout comme, désormais la HAC peut compter sur les responsables de plusieurs plateformes ayant accepté de collaborer en vue d'une meilleure application des textes et un meilleur contrôle des contenus diffusés par les réseaux... Jusque-là, on peut dire que le gouvernement et la HAC ont réussi un pari.
Toutefois, un autre demeure. Celui d'avoir tous les effets escomptés. Est-on sûr que la mise en place d'un dispositif juridique garantit la responsabilité de tous les utilisateurs des réseaux sociaux ? Ceux qui, surtout à l'extérieur du pays, n'utilisent les réseaux sociaux que pour injurier ou diffamer peuvent-ils réellement être inquiétés par ce dispositif ou en faut-il plus ?
Au niveau national, les nouvelles lois sont-elles suffisamment assimilées par les citoyens pour être sûr de leur respect ? Si non, ne serait-il pas nécessaire d'envisager des campagnes d'explication et de sensibilisation à grande échelle ?
Autant de questions qui pourraient inspirer une ligne de conduite aux gouvernants pour la suite...
S'agissant du PDG, ancien parti au pouvoir, nombre d'analystes estiment que la récente sortie de son ancien (?) "Distingué Camarade président", Ali Bongo Ondimba, n'est pas de nature à semer le trouble en son sein. Encore moins celle d'Ali Akbar Onanga Y'Obegue, l'un de ses rares fidèles assumés aujourd’hui.
Sauf s’ils décident d'initier des démarches qui peuvent être politiquement suicidaires pour eux. Du côté du directoire actuel, Blaise Louembe et les siens mettent le cap sur le congrès de fin novembre. Et les assises auront lieu au Gabon, insiste l'exécutif de Louis. Non sans ironie. Sachant que leurs "camarades adversaires" agissent depuis des milliers de kilomètres du Gabon. Mais doivent-ils pour autant minimiser leur capacité de nuisance ?
"La politique est l'art du possible", avait dit François Mitterrand, ancien président français.
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